La 112e édition du Tour de France promet d’être un chef-d’œuvre du Grand Tour traditionnel – purement français, implacablement montagneux, et rempli de profondeur tactique. Le directeur de course Christian Prudhomme propose un parcours chargé d’héritage, notamment avec le retour du Mont Ventoux, un contre-la-montre en montée dans les Pyrénées et un final réimaginé dans les rues emblématiques de Paris.
Avec une narration préparée pour un affrontement passionnant entre Tadej Pogačar et Jonas Vingegaard, les fans de cyclisme peuvent s’attendre à un feu d’artifice sur les montées historiques comme sur les plats traîtres. L’histoire de la GC n’attendra pas les montagnes – des vents latéraux précoces dans le nord et un terrain bosselé exigeront de la vigilance dès le premier jour.
Principaux points de l’itinéraire 2025

Le Tour reporte sa première arrivée au sommet à la 10e étape, mais il ne faut pas croire que le premier acte est tranquille. Le terrain venteux du nord de la France prépare le terrain pour un drame à l’échelon supérieur, tandis que des finales percutantes mettront à l’épreuve la profondeur des équipes et leurs nerfs pour le classement général. Aucune étape n’est entièrement plate, ce qui constitue un défi délibéré pour les sprinters en quête du Maillot Vert.
Les grimpeurs occupent le devant de la scène dans la seconde moitié de la course : cinq arrivées au sommet dans quatre chaînes de montagnes compensent les éventuels répits du début de l’étape. Le Mont Ventoux revient lors de la 16e étape. Le col de la Loze marque le point culminant et l’apex symbolique de la course, où Pogačar cherchera à se racheter après son implosion de 2023. Le peloton montera par l’est – une première historique.
Puis viendra Paris. Ce n’est pas le cortège cérémonial d’autrefois. La dernière étape comprend trois ascensions de Montmartre, un clin d’œil à son spectacle olympique de l’année dernière. Si la lutte pour le classement général est toujours d’actualité, le maillot jaune pourrait rester en suspens jusqu’au dernier kilomètre pavé.
Répartition étape par étape
Étape 1 : Lille Métropole – Lille Métropole (184,9 km)
Une journée de sprinters sur le papier, mais l’Artois et la Flandre offrent des batailles de KOM en début d’étape. Les vents latéraux pourraient diviser le peloton avant une arrivée à grande vitesse à la Citadelle.

Étape 2 : Lauwin-Planque – Boulogne-sur-Mer (209,1 km)
Vallonnée et exposée, cette étape côtière comporte des rampes de 15 % près de Saint-Étienne-au-Mont et une pointe à Outreau avant une arrivée en montée – un potentiel bouleversement pour le classement général.

Étape 3 : Valenciennes – Dunkerque (178,3 km)
Le vent peut à nouveau dicter sa loi dans les Flandres. Les sprinters seront prudents – les échelons pourraient ruiner leurs plans.

Étape 4 : Amiens Métropole – Rouen (174,2 km)
Un territoire classique pour les échappées. Attendez-vous à un feu d’artifice sur la Côte Jacques Anquetil et à un chaos tactique derrière.

Étape 5 : Caen – Caen (33km, ITT)
Plate et non technique, cette étape est réservée aux spécialistes du chrono. Les candidats à la victoire finale doivent mesurer leurs pertes avec discernement.

Étape 6 : Bayeux – Vire Normandie (201,5 km)
Six ascensions classées et 3 500 m de dénivelé positif. Un terrain difficile et un final en montée – un test pour les jambes et la stratégie.

Septième étape : Saint-Malo – Mûr-de-Bretagne (197 km)
Une répétition de la double ascension de 2021 – une étape pour les puncheurs et les rois de l’échappée. Les fans de Van der Poel s’en souviendront.

Étape 8 : Saint-Méen-le-Grand – Laval (171,4 km)
Une rare étape de sprinters avec un profil propre. Il faut s’attendre à de l’organisation, mais les vents latéraux restent une menace.

Étape 9 : Chinon – Châteauroux (174,1 km)
Les fans de Mark Cavendish se réjouissent : une ville chargée d’histoire pour le sprint du Tour. Le vent pourrait à nouveau perturber le scénario.

Étape 10 : Ennezat – Le Mont-Dore Puy de Sancy (165,3 km)
Lejour de la Bastille accueille la première arrivée au sommet. Le Puy de Sancy (3,3 km à 8 %) conclut une journée brutale avec 4 400 m de dénivelé positif. Un jour de repos retardé signifie une fatigue supplémentaire – et des feux d’artifice.

Étape 11 : Toulouse – Toulouse (154 km)
Profil plat après le repos, mais une montée tardive à 8 km de l’arrivée déstabilisera les sprinters fatigués.

Étape 12 : Auch – Hautacam (180,6 km)
La fête de l’escalade pyrénéenne commence. Les 13,6 km à 7,8% de Hautacam reviennent, précédés de deux ascensions punitives.

Étape 13 : Loudenvielle – Peyragudes (10,9 km, MTT)
Un contre-la-montre en montée. Huit des 11 km sont en montée. Terminé sur un altiport, ce contre-la-montre pourrait déterminer définitivement la hiérarchie du classement général.

Étape 14 : Pau – Luchon Superbagnères (182,6 km)
Col du Tourmalet, Peyresourde, et une arrivée à Superbagnères. Une classique des Alpes renaît dans les Pyrénées.

Étape 15 : Muret – Carcassonne (169,3 km)
Courte et tactique. Le vent, les descentes et les routes étroites favorisent les audacieux. Une échappée peut se développer ici.

Étape 16 : Montpellier – Mont Ventoux (172 km)
Le Ventoux vous attend. 20.8 km à 7,7 %, le “Géant de Provence” suit une approche brûlante et plate. Une épreuve de force après le repos.

Étape 17 : Bollène – Valence (160,4 km)
Un répit pour les sprinters, mais les changements de direction entraînent des dangers liés au vent. Les équipes de tête devront toujours protéger leurs leaders.

Étape 18 : Vif – Courchevel Col de la Loze (171,5 km)
L’étape reine. 5 500 m de dénivelé, avec notamment le Glandon, la Madeleine et la redoutable ascension orientale du Col de la Loze. Pogačar pourra-t-il vaincre ses démons ?

Étape 19 : Albertville – La Plagne (129,9 km)
Courte mais sauvage. Col des Saisies, Pré, Roselend – puis l’arrivée à La Plagne. Une dernière guerre des Alpes.

Étape 20 : Nantua – Pontarlier (185 km)
Un terrain roulant avec des espoirs d’échappée. Si le classement général est serré, tous les regards se tournent vers cette étape pour un éventuel rebondissement final.

Étape 21 : Mantes-la-Ville – Paris Champs-Élysées (120 km)
Trois ascensions de Montmartre remplacent le défilé habituel. Si les écarts sont faibles, le maillot jaune peut encore changer de main. Le Tour s’achève là où il a commencé : sur un coup de théâtre.

À quoi faut-il s’attendre ?
Si le Tour 2025 manque d’épopées sur le gravier ou les pavés, il compense par une brutalité verticale et un symbolisme historique. Des batailles du jour de la Bastille à l’ombre du Mont Ventoux, en passant par une arrivée à Montmartre qui défie la norme, la course de cette année pourrait couronner un champion vraiment complet. Une chose est sûre : celui qui portera le dernier Maillot Jaune l’aura gagné de haute lutte.