L’impact défensif est plus éloquent que les récits
Rudy Gobert a passé des années sous le feu des projecteurs. Les critiques remettent en question son titre de Joueur défensif de l’année, ses performances en playoffs et la question de savoir s’il change vraiment le cours des choses quand c’est important. Cette saison, les chiffres racontent une autre histoire.
Parmi les grands joueurs jouant en moyenne au moins 20 minutes au poste de centre, Gobert occupe la troisième place en termes de Defensive Win Shares (0,141). Seuls Chet Holmgren (0,168) et Isaiah Hartenstein (0,142) le devancent, tous deux évoluant dans la meilleure équipe défensive de la ligue, le Thunder d’Oklahoma City. Gobert surpasse Victor Wembanyama (0,135), Evan Mobley (0,130) et Bam Adebayo (0,128). Sa présence réduit le pourcentage de buts marqués à l’intérieur de l’arc de cercle des adversaires de 57,5 % à 50,4 %.
Le classement défensif révèle sa vraie valeur
Les Minnesota Timberwolves sont septièmes de la ligue avec un Defensive Rating de 112,4. Mais lorsque Gobert est sur le terrain, ce chiffre tombe à 109,8, ce qui le place au troisième rang de la NBA. Sans lui, il grimpe à 119,1, ce qui les place parmi les pires de la ligue.
Il ne s’agit pas seulement de statistiques. Elles reflètent la façon dont Gobert modifie les possessions, force des tirs plus difficiles et alimente les opportunités de transition. Son impact est tangible, même s’il n’apparaît pas toujours dans les statistiques.
Le compromis offensif
Les limites offensives de Gobert sont bien connues. Shaquille O’Neal l’a un jour critiqué sur son podcast :
“Je déteste Rudy Gobert, parce que ce fils de… gagne 250 millions de dollars et ne le mérite pas […]Si vous gagnez autant d’argent, vous devez jouer comme un putain de grand homme
L’Offensive Rating des Timberwolves passe de 117,6 avec Gobert à 119,2 sans lui. Pourtant, son impact net reste positif. Avec lui sur le terrain, le Net Rating de Minnesota est de +7,85, ce qui le place parmi les huit meilleurs centres titulaires de la ligue. Sans lui, l’évaluation nette de l’équipe s’effondre.
Le coût de son contrat
Le salaire de 35 millions de dollars de Gobert est important, surtout si l’on tient compte de ce que Minnesota a cédé pour l’acquérir. L’échange leur a coûté Patrick Beverley, Malik Beasley, Jarred Vanderbilt, Leandro Bolmaro et quatre choix du premier tour, dont celui de 2023 qui est devenu Keyonte George.
Une équipe composée d’Anthony Edwards, de Walker Kessler et de George serait-elle plus profonde ? Peut-être. Mais les piliers défensifs d’élite comme Gobert sont rares. Anthony Davis se bat contre les blessures, Myles Turner se bat sur les panneaux et les jeunes centres comme Zach Edey et Kessler ont leurs propres limites.
Trois raisons de reconsidérer la question
- Les piliers défensifs sont rares. Peu de grands hommes modifient le jeu comme le fait Gobert.
- Son impact ne se limite pas aux statistiques. Il change la façon dont les adversaires jouent, même si le tableau d’affichage ne le reflète pas toujours.
- Ce n’est pas lui qui a payé trop cher. C’est le front office des Timberwolves qui a fait l’échange, Gobert ne fait que jouer.
À 33 ans, Gobert continue de livrer la marchandise. La seconde moitié de la saison et les playoffs montreront si cette réévaluation tient la route. Pour l’instant, les chiffres suggèrent qu’il est temps d’arrêter de douter de lui.
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