Avec le Tour de France qui se profile à l’horizon, le peloton WorldTour s’est concentré sur un seul objectif. Au cœur de la tension croissante de cette saison se trouve une rivalité familière : Tadej Pogacar contre Jonas Vingegaard. Et si l’on en croit Marc Madiot, directeur général de Groupama-FDJ, c’est toujours le Slovène qui tient le haut du pavé.
S’adressant à Cyclism’Actu après le Critérium du Dauphiné, Madiot n’a pas mâché ses mots : “On voit que Pogacar est à son meilleur niveau, surtout en montagne. Il y a peut-être encore quelques détails à régler concernant le contre-la-montre, mais dans l’ensemble, il est très fort depuis le début de la saison”
En effet, les épreuves de haute altitude du Dauphiné ont été à l’image des 12 derniers mois de Pogacar, un long crescendo de domination chaque fois que la route s’incline vers le ciel. Même avec le retour de Vingegaard à la compétition, le visuel était clair : Pogacar reste celui à battre.
“Vingegaard semblait en bonne forme”, poursuit Madiot , “mais il lui manque toujours ce petit quelque chose pour rivaliser avec Pogacar sur toute la ligne. Il y a clairement un écart entre eux deux et les autres, même si Evenepoel est également à un excellent niveau. La hiérarchie de l’année dernière semble se confirmer”
Il semble que le scénario se répète. Avec les trois principaux candidats au classement général – Pogacar, Vingegaard, Evenepoel – atteignant leurs zones de puissance attendues pendant le Dauphiné, et aucune blessure récente n’assombrissant le palmarès, nous pourrions assister à une réédition de 2023 en termes de batailles pour le classement général.
“Je n’ai pas vu les cotes”, a fait remarquer Madiot , “mais d’après ce que nous avons observé, il n’est pas nécessaire d’être un grand expert pour dire que Pogacar est le favori numéro un”
Malgré toute la bravade d’avant-course, Madiot tempère son point de vue avec la prudence d’un vétéran de plusieurs Grands Tours. “Le Tour dure trois semaines et comporte de nombreux pièges : la montagne, les contre-la-montre, les étapes délicates, le vent, la gestion du peloton… Il y a beaucoup de paramètres que l’on essaie de contrôler, mais que l’on ne maîtrise jamais à 100 %. Il y a toujours les aléas de la course. Tout reste donc ouvert, même si sur le papier, Pogacar coche plus de cases que les autres”
A l’aube de la première étape, Pogacar portera peut-être le maillot invisible de leader, mais la beauté du Tour réside dans son imprévisibilité. Pour Vingegaard, la question n’est plus de savoir s’il est proche, mais s’il peut combler cet écart insaisissable.