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Championnats d'Europe de course sur route 2025 : Pogacar, Evenepoel et Vingegaard prêts pour la confrontation en France

2025.10.03, 06:52

Le calendrier cycliste ne connaît guère de pause. Après le drame des championnats du monde au Rwanda, le peloton se lance directement dans une nouvelle bataille pour la gloire continentale. Les championnats UEC de course sur route 2025 reviennent en France pour leur 10ème édition, promettant une compétition explosive sur un parcours conçu pour récompenser l’agressivité, la force de grimper et le culot tactique.

Au cœur de l’histoire, trois noms : Tadej Pogacar, Remco Evenepoel et Jonas Vingegaard – un triumvirat qui a défini la plupart des grandes étapes de ce sport au cours des trois dernières années. Chacun d’entre eux arrive avec une tâche inachevée, un maillot à conquérir ou un point à prouver. Mais ils ne seront pas seuls. Une vague de candidats ambitieux, de l’Espagnol Juan Ayuso à la nouvelle génération française en passant par la profondeur italienne, garantit que l’issue est loin d’être gagnée d’avance.

Pogacar, Vingegaard and Remco

Une tradition jeune mais en plein essor

Les championnats d’Europe sont passés d’une compétition continentale de niche à une prestigieuse compétition d’un jour. Même si les bandes arc-en-ciel des championnats du monde domineront toujours, le maillot bleu et or de l’Europe a pris de plus en plus d’importance. Alexander Kristoff, Matteo Trentin et Fabio Jakobsen l’ont tous porté avec distinction, et les courses elles-mêmes ont tout offert, des sprints massifs meurtriers aux batailles de style classique.

Ces dernières années, les parcours ont alterné entre les sprinters et les grimpeurs percutants. L’année dernière, Fabio Jakobsen a triomphé dans un final plat et rapide, tandis qu’en 2023, Christophe Laporte a émergé d’un groupe restreint pour remporter la victoire. Cette année, le pendule revient vers les grimpeurs, avec un parcours riche en dénivelés et des circuits répétés qui semblent presque conçus pour déclencher des attaques à distance.

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L’itinéraire : Les montées implacables de la France

UEC 2025 Road Route

La course sur route de l’élite masculine 2025 mesure 202,5 kilomètres et comporte 3 500 mètres de dénivelé. Contrairement aux éditions favorables aux sprinteurs, le parcours de cette année ne pardonne pas – chaque tour semble présenter un nouveau point d’embuscade.

Il commence par le **Kumula Avon** (4 km à 5,1 %), une montée d’échauffement qui pourrait servir de rampe de lancement pour les premières échappées. Après un tronçon de transition plat, les coureurs sont confrontés à trois grands circuits comprenant l’ascension du **Saint-Roman-de-Ler** (7 km à 7,2 %) suivie du brutal **Val d’Enfer** (1,6 km à 9,7 %). Cette séquence à elle seule réduira considérablement la taille du peloton.

A partir de là, la course se concentre sur trois tours d’arrivée plus courts. Il s’agit notamment du **Monte Costell** (300 mètres seulement, mais à 6 %) et d’un retour au Val d’Enfer, abordé trois fois de plus. La dernière crête n’arrive qu’à 6 kilomètres de l’arrivée, ce qui laisse peu de temps pour se regrouper avant l’arrivée.

C’est un parcours qui récompense l’audace. Les attaques de longue portée dans les montées de 7 km sont possibles, mais les rampes courtes et raides vers la fin peuvent tout aussi bien décider de la course. Comme l’a fait remarquer un commentateur, le tracé permet à un mouvement gagnant de se former presque n’importe où : ” Ils ont créé un parcours où n’importe qui peut attaquer n’importe où”.

Cotes de la route UEC 2025

Cavalier Cotes
Tadej Pogačar 1.36
Remco Evenepoel 3.75
Juan Ayuso 11.00
Jonas Vingegaard 13.00
Mattias Skjelmose Jensen 19.00
João Almeida 26.00
Romain Grégoire 26.00
Cristian Scaroni 41.00
Maxim Van Gils 41.00
Aurélien Paret-Peintre 81.00
Mads Pedersen 81.00
Marc Hirschi 81.00
Paul Seixas 81.00
Diego Ulissi 151.00
Jan Christen 151.00
Mathias Vacek 151.00
Pavel Sivakov 151.00
Tiesj Benoot 151.00
Toms Skujiņš 151.00

Les favoris

Tadej Pogacar (Slovénie)

Le champion du monde en titre porte à la fois le maillot arc-en-ciel et le plus grand nombre d’attentes. Le palmarès de Pogacar dans les courses d’un jour cette saison est extraordinaire et, bien qu’il n’ait jamais remporté le titre européen, le parcours semble bien adapté à son explosivité.

Pourtant, la Slovénie arrive avec un effectif relativement mince. Sans Primož Roglič, le principal soutien de Pogacar viendra de Matej Mohorič et de Domen Novak – des coureurs solides, mais pas une équipe capable de contrôler 200 km de chaos. Cette réalité garantit presque que Pogacar adoptera une approche agressive, essayant de réduire la course à une bataille de leaders plutôt que de risquer d’être isolé face à des équipes comme la Belgique ou la France.

Sa meilleure chance pourrait être d’attaquer tôt, peut-être dans la longue montée de Saint-Roman-de-Ler, à 70 km de l’arrivée, pour forcer ses rivaux à brûler des domestiques avant le final. S’il choisit la patience, les ascensions répétées du Val d’Enfer pourraient lui donner le coup de grâce. Quoi qu’il en soit, ses rivaux savent que le Slovène sera l’homme à marquer.

Pogacar

Remco Evenepoel (Belgique)

Peu de coureurs divisent l’opinion comme Evenepoel. Ses changements répétés de vélo au Rwanda ont été tournés en ridicule, mais il a tout de même réussi à décrocher la médaille d’argent derrière Pogacar. Cette résistance ne doit pas être sous-estimée.

Ce parcours lui offre des chances. Les montées de 7 km conviennent à son rythme, tandis que les rampes plus courtes rappellent le terrain où il a excellé à Liège-Bastogne-Liège. Le problème majeur reste Pogacar : Evenepoel n’a pas encore trouvé le moyen de se débarrasser de lui dans un combat direct.

Sur le plan tactique, Remco pourrait tenter quelque chose de peu orthodoxe – attaquer sur les transitions plus plates entre les ascensions, en utilisant sa puissance dans le contre-la-montre pour ouvrir des brèches. Son équipe belge est solide, avec Ilan Van Wilder, Stan Dewulf et d’autres capables de perturber la course et de lancer des attaques satellites. Pour Evenepoel, la question est de savoir s’il peut créer une séparation avec Pogacar avant l’arrivée ; sinon, la supériorité du Slovène au sprint reste une carte maîtresse.

Evenepoel

Jonas Vingegaard (Danemark)

La plus grande surprise de la liste de départ est Jonas Vingegaard. Le double vainqueur du Tour de France a à peine participé à des épreuves d’un jour au niveau élite, représentant le Danemark pour la dernière fois aux Championnats du monde U23 de 2018. Sa décision de participer aux Championnats d’Europe est un signe d’intention : il veut se tester en dehors de l’arène du Grand Tour.

Sur le papier, le parcours lui convient. Il a amélioré son punch et son explosivité, comme l’a montré la première semaine du Tour de cette année, où il a égalé Pogacar dans les petites ascensions. La principale question qui se pose est celle de l’art de la course. Les courses d’un jour exigent un positionnement, une anticipation et des décisions en une fraction de seconde – des domaines dans lesquels Pogacar et Evenepoel excellent.

Pourtant, le Danemark dispose d’une équipe formidable, avec des coureurs comme Mattias Skjelmose qui offrent une profondeur tactique. Si les Danois jouent intelligemment, Vingegaard pourrait se retrouver avec ses coéquipiers dans les mouvements clés, ce qui lui donnerait la possibilité de suivre les accélérations inévitables de Pogacar. On ne sait pas encore s’il a l’instinct nécessaire pour gagner un match d’un jour, mais l’intrigue est indéniable.

Vingegaard after Vuelta 2025

Juan Ayuso (Espagne)

Ayuso a impressionné au Rwanda, suivant brièvement Pogacar avant que les pavés ne le mettent à mal. Le parcours entièrement goudronné de la France pourrait lui permettre de se rapprocher de la compétition. À seulement 22 ans, il représente l’avenir de l’Espagne, et le fait de quitter UAE Team Emirates pour Lidl-Trek ajoute une motivation supplémentaire pour obtenir un résultat sous les couleurs nationales.

Ayuso a déjà montré qu’il pouvait gagner des courses d’un jour vallonnées, notamment la Classique Faun-Ardèche. Soutenu par une solide équipe espagnole, il pourrait être l’un des rares à pouvoir suivre les attaques de Pogacar – même si la question de savoir s’il peut les contrer reste entière.

Ayuso

L’armada française

La France, qui court à domicile, peut se targuer d’être plus forte qu’un seul leader. Romain Grégoire, Paul Lapeira, Pavel Sivakov et Valentin Paret-Peintre apportent tous des compétences différentes. Leur stratégie consistera probablement à attaquer par vagues, à forcer les autres à les poursuivre et à conserver un sprinteur comme Grégoire pour une arrivée en peloton réduit.

En l’absence d’un grand favori, ils pourraient profiter de l’hésitation des “trois grands”, Pogacar, Evenepoel et Vingegaard se marquant les uns les autres. Une victoire française ne serait pas surprenante, surtout si l’on considère la forme de Sivakov et le punch de Lapeira dans les petites ascensions.

L’Italie et les outsiders

L’Italie, comme la France, mise sur la profondeur plutôt que sur les stars. Andrea Bagioli, Davide Formolo et d’autres pourraient prospérer si les mouvements d’anticipation se confirment. Par ailleurs, des outsiders tels que le Letton Toms Skujiņš (cinquième aux Mondiaux), l’Autrichien Felix Großschartner et le Portugais João Almeida méritent tous d’être mentionnés. Chacun d’entre eux a la capacité de grimper et de figurer sur la liste si les stars faiblissent.

Scénarios de course possibles

  • Pogacar s’allonge – Le Slovène fait exploser la course à 60-70 km de l’arrivée, réduisant le peloton à une poignée de leaders. A partir de là, la course devient une bataille d’usure.
  • Evenepoel joue sur les plats – Incapable de lâcher Pogacar dans les montées, Remco lance une attaque de type contre-la-montre entre les ascensions, espérant que l’hésitation derrière lui lui permette de s’échapper.
  • Unité danoise – Vingegaard, soutenu par Skjelmose et d’autres, attend les derniers circuits avant d’agir. Une approche plus contrôlée, mais risquée si Pogacar attaque plus tôt.
  • Perturbation française et italienne – Les attaques répétées des domestiques obligent les favoris à chasser, ce qui ouvre la voie à un vainqueur surprise.

Nos pronostics

Aucun aperçu n’est complet sans une prévision, même imparfaite. Sur la base de la forme, le podium probable semble destiné à inclure Pogacar, bien que l’ordre exact reste obscur.

  • Vainqueur : Tadej Pogacar – la classe à l’état pur, même sur un parcours moins adapté à ses points forts sur pavés.
  • 2ème : Jonas Vingegaard – expérience limitée sur un jour, mais ses capacités physiques lui permettent de rester en lice.
  • 3ème : Remco Evenepoel – agressif comme toujours, mais trop marqué pour finir.
  • Les outsiders : Juan Ayuso, Romain Grégoire et Pavel Sivakov.

Conclusion

Les championnats d’Europe n’ont peut-être pas l’aura des championnats du monde, mais en 2025, ils offriront quelque chose d’aussi fascinant : un champ de bataille où les plus grandes stars du cyclisme s’affrontent dans une course sans garantie. Pogacar peut porter l’arc-en-ciel, Evenepoel l’aura d’une menace permanente et Vingegaard la mystique du Tour – mais tous trois sont confrontés à l’imprévisibilité d’un parcours qui peut défaire les plans en un instant.

La France fournira les montées, le drame et l’étape. Les coureurs doivent fournir les feux d’artifice.

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