Le Guangxi est la dernière véritable occasion pour les équipes et les coureurs de gagner des points UCI, de remporter une dernière victoire, de régler des contrats et de terminer la saison sur une bonne dynamique. La liste des participants est variée – des espoirs de victoire, des coureurs percutants, des sprinters et des coureurs qui luttent pour leur survie.
Passons en revue les contextes clés avant de désigner les favoris.
La lutte pour la relégation de Cofidis
C’est l’un des fils conducteurs susceptibles de déterminer le ton de la course. Cofidis aborde Guangxi en ayant besoin de plus de 300 points UCI pour dépasser Uno-X Mobility et éviter la relégation en ProSeries pour 2026. La tâche est ardue.
Les espoirs de Cofidis reposent sur une grande performance – dans le classement général et dans les sprints. Emanuel Buchmann, dans la phase finale de sa carrière, doit se montrer à la hauteur dans les montées ; Stanisław Aniołkowski doit marquer des points dans les arrivées sur le plat. Pendant ce temps, Uno-X n’est même pas invité à Guangxi, et ses dernières opportunités résident dans quelques courses de fin de saison en Vénétie. Cofidis ne dispose donc que d’une mince marge de manœuvre. Mais même si elle échoue, tout dépendra de l’issue de la fusion entre Lotto et Intermarché-Wanty, qui pourrait ouvrir la voie à Cofidis en lui offrant une 18e place dans le WorldTour. C’est donc une question de survie pour Cofidis.
En raison de cette pression, je m’attends à ce que Cofidis anime la course : attaques, échappées, défense acharnée. Même s’ils ne peuvent pas gagner au classement général, ils ne se laisseront pas faire.
Les Émirats arabes unis à la recherche de la 100e victoire
L’équipe UAE Team Emirates-XRG connaît déjà une année historique. Elle a remporté 94 victoires jusqu’à présent en 2025 et est en quête de sa 100e victoire.
Cet objectif les pousse à aborder chaque course avec détermination. Ils n’enverront pas une équipe symbolique – ils amèneront des coureurs capables de réussir. Mais il leur manque un sprinter capable de remporter des victoires d’étape sur le plat. Cependant, leur profondeur leur donne de la flexibilité. Si Narváez ou Jan Christen peuvent s’emparer de quelques étapes ou de quelques opportunités de classement général, cela sera utile.
Il faut s’attendre à ce qu’ils défendent et attaquent intelligemment, en mettant la pression sur tous leurs rivaux. Ils considéreront Guangxi comme plus qu’une simple étape du calendrier – c’est un endroit où l’on peut établir un héritage et battre des records.

Fin de contrat, adieux et dernières chances
Certains coureurs courront en Chine en sachant qu’il pourrait s’agir de leur dernière épreuve du WorldTour. D’autres n’ont pas encore de contrat confirmé pour 2026 et ont besoin de résultats pour justifier leur place.
Parmi eux : Ryan Gibbons(Lidl-Trek), Dan McLay(Visma-Lease a Bike) peuvent faire des courses de fierté personnelle. Les coureurs d’équipes comme Lotto ou Intermarché-Wanty – incertaines suite au projet de fusion – seront particulièrement motivés.
Cian Uijtdebroeks fait de Guangxi sa dernière course pour Visma-Lease a Bike avant de rejoindre Movistar. Pello Bilbao, Jan Christen et d’autres voudront également partir sur une bonne note.
Vous pouvez parier sur des mouvements agressifs, de l’opportunisme et des prises de risques de la part de coureurs qui ont quelque chose à prouver.
Itinéraire, caractéristiques de la course et configuration des étapes
Il est essentiel de comprendre le terrain et la configuration des étapes pour savoir qui peut battre qui.
La course comporte six étapes du 14 au 19 octobre :
- Étape 1 : Fangchenggang → Fangchenggang, ~149 km, essentiellement plat avec une courte montée pour perturber les sprints vers la fin.
- Étape 2 : Chongzuo → Jingxi, ~179,6 km.
- Étape 3 : Jingxi → Bama, ~214 km (la plus longue).
- Étape 4 : Bama → Jinchengjiang, ~176,8 km.
- Étape 5 : Yizhou → Nongla (Mashan), ~165,8 km. Nongla est le point d’arrivée de la grande montée. C’est probablement l’étape décisive pour le classement général.
- Étape 6 : Nanning → Nanning, ~134,3 km – probablement roulant mais suffisamment plat pour que les sprinters ou les puncheurs puissent se battre.
En résumé : plusieurs étapes de sprint ou de quasi-sprint, un final difficile dans l’étape 5, et une longue étape intermédiaire qui peut offrir une chance d’échappée. Le classement général se jouera probablement à Nongla.

Les coureurs capables de survivre ou de minimiser les pertes sur les plats, puis de frapper fort dans les montées, gagneront – mais la marge est mince.
Par ailleurs, le test récemment proposé par l’UCI sur le braquet maximum (pour la sécurité) a été annulé suite à l’intervention de l’autorité belge de la concurrence. C’est un soulagement pour de nombreux grimpeurs qui s’inquiétaient des contraintes. La course se déroulera selon les règles traditionnelles de démultiplication.
Principaux concurrents et outsiders
Voici comment nous classons certaines des cartes les plus fortes du jeu.

Mattias Skjelmose(Lidl-Trek)
Il est le grand favori sur le papier. Skjelmose sort tout juste d’Il Lombardia (même s’il y a abandonné), et a prouvé qu’il était capable d’aller au bout de la course. Sa forme et ses qualités de grimpeur le rendent dangereux sur l’étape décisive. Les risques : la fatigue, les longues étapes de plat intermédiaires et le soutien de l’équipe.
Jhonatan Narváez(EAU)
Les 2025 ansde Narváez ont déjà été brillants – il a remporté le titre GC au Tour Down Under plus tôt dans la saison. S’il arrive frais, il a le punch et les jambes de grimpeur nécessaires pour rivaliser. Les Émirats arabes unis compteront sur lui pour les aider dans leur quête des 100 victoires.
Paul Magnier(Soudal-QuickStep)
Magnier est plus un finisseur rapide et un puncheur qu’un pur grimpeur. Il visera les victoires d’étape plutôt que le classement général. Mais s’il minimise ses pertes au classement général et joue intelligemment ses cartes, un top 3 surprise n’est pas à exclure.
Cian Uijtdebroeks(Visma)
Pour sa course d’adieu pour Visma, Uijtdebroeks pourrait se donner à fond. S’il est en bonne condition, il peut surprendre. Mais je le vois plus comme un cheval noir que comme un favori.
Pello Bilbao(Bahrain Victorious)
Solide et régulier. Il n’est pas brillant en tant que grimpeur, mais il est fiable. Il pourrait s’accrocher et être en lice, surtout si les favoris faiblissent.
Jan Christen(EAU)
Coéquipier deNarváez, capable de coups surprenants. Il ne gagnera peut-être pas au classement général, mais il pourrait aider la stratégie des Émirats arabes unis, choisir une étape ou mettre la pression.
Autres candidats à suivre
- Jordi Meeus(Red Bull-BORA-Hansgrohe), Pavel Bittner(Picnic PostNL), Phil Bauhaus(Bahrain Victorious), Max Kanter(XDS Astana) : ces sprinters se battront pour la gloire dans les étapes plates, mais n’auront pas d’impact important sur le classement général.
- Emanuel Buchmann(Cofidis) : il pourrait être amené à se surpasser sous la pression.
- Stanisław Aniołkowski(Cofidis) : pour les points au sprint.
Prédiction : Qui va gagner ?
Compte tenu du parcours, de la force des équipes, de la motivation et de la pression, voici comment TipsGG voit les choses :
Notre choix : Jhonatan Narváez(UAE Team Emirates-XRG)
Pourquoi ?
- Il est en pleine forme et a déjà montré ses capacités en GC plus tôt dans la saison.
- La profondeur del’équipe UAE lui apporte un soutien et une flexibilité tactique.
- L’ambition de la 100e victoire lui donne une motivation supplémentaire.
- Dans la montée vers Nongla, il peut reprendre du temps ou se défendre agressivement.
- Si Skjelmose montre des signes de faiblesse, Narváez est bien placé pour bondir.
Deuxième choix : Mattias Skjelmose
Si Skjelmose frappe proprement lors de la 5e étape, il a les jambes pour gagner – surtout si les conditions lui sont favorables. Mais le facteur fatigue et l’agressivité de ses adversaires le rendent légèrement plus vulnérable.
Le cheval noir : Cian Uijtdebroeks
Il peut se faufiler sur le podium s’il a bien dormi et s’il n’a pas de pression. Il pourrait être un joker surprise.

Les paris sur la victoire d’étape
- Paul Magnier: en tant que favori parmi les sprinters et les puncheurs, il pourrait remporter une ou deux étapes.
- Jordi Meeus, Pavel Bittner, Phil Bauhaus: forts dans les sprints purs, ils pourraient tirer profit des journées plus plates.
La bataille de Cofidis
Même si Cofidis ne peut pas se battre pour la victoire finale, je m’attends à ce qu’elle anime les échappées, qu’elle accélère le rythme et qu’elle utilise toutes ses cartes. La survie pourrait se résumer à bien finir et à collecter des points épars.
Scénarios de course possibles
- Contrôle de la course jusqu’à l’étape 5
Les étapes plates et roulantes sont confiées à des sprinters ou à des sprints réduits. Les équipes de GC restent calmes. Sur Nongla, le vrai feu d’artifice : Narváez, Skjelmose, Uijtdebroeks etc. éclatent, d’autres craquent.
- Attaques agressives en début de course
Cofidis, les chasseurs de contrats ou les échappés audacieux tentent de forcer le mouvement tôt, dans l’espoir de déstabiliser les favoris. Cela pourrait secouer le peloton et obliger les coureurs à se lancer à la poursuite.
- Météo, vent, malchance
Les vents latéraux ou la pluie peuvent diviser la course. Les chutes ou les incidents mécaniques peuvent faire perdre un temps précieux à un favori. Dans une course serrée, les petites marges comptent.
- Les ordres de l’équipe influencent l’issue de la course
UAE peut utiliser Christen ou d’autres coureurs de manière tactique pour mettre la pression sur ses rivaux ou couvrir des mouvements. Cela pourrait faire pencher la balance dans les derniers instants.
Risques et mises en garde
- La forme est toujours une variable – une mauvaise journée, une maladie ou la fatigue peuvent faire dérailler n’importe quel candidat.
- Soutien de l’équipe : Un coureur GC qui s’isole ou qui manque de soutien à un moment clé est dangereux.
- La cinquième étape est abrupte et décisive – perdre du temps à ce moment-là peut être impossible à récupérer.
- Comme certains coureurs sont sous pression pour des contrats ou la relégation, le désespoir peut conduire à l’imprévisibilité.
Si je devais parier en toute confiance, je pencherais pour Narváez – il offre le mélange de forme, de motivation et de soutien d’équipe nécessaire. Skjelmose est une vraie menace, mais il a plus à perdre et plus de variables à gérer. Uijtdebroeks, Bilbao, Christen et d’autres pourraient perturber ou monter sur le podium, mais la victoire semble être une lutte à deux.
Cofidis se battra, mais ne gagnera probablement pas le classement général. Leur meilleur espoir est de récupérer des points et éventuellement de remporter la victoire d’étape ou d’animer la course.
Donc : Narváez en premier, Skjelmose en deuxième, potentiellement Uijtdebroeks en troisième. Surveillez les surprises à Nongla – c’est peut-être là que le WorldTour 2025 s’achèvera de manière dramatique.