Le Tour de France 2025 se profile à l’horizon, et peu de voix inspirent autant de respect en matière de sagesse du Grand Tour que celle de Jens Voigt, un homme qui a parcouru le Tour à 17 reprises, ce qui est stupéfiant. Lors d’une récente conversation avec The Cycling Dane, le vétéran allemand a fait part de ses réflexions sur la dynamique actuelle du peloton et sur la présence imposante de Tadej Pogacar.
La course aux armements : UAE Team Emirates vs. Team Visma | Lease a Bike
“Les deux équipes disposent d’un budget important – les Émirats arabes unis étant probablement la plus grande d’entre elles”, remarque Voigt, en identifiant la puissance de feu financière qui alimente l’excellence. Avec des noms comme Juan Ayuso et Adam Yates dans des rôles de soutien, Voigt ne mâche pas ses mots : “C’est une qualité très, très sérieuse”
De l’autre côté, l’équipe Visma | Lease a Bike tient son rang. Avec le champion en titre Jonas Vingegaard à la barre, Voigt pense que les lignes de combat sont assez équilibrées. ” Jonas a également une bonne équipe”, note-t-il, en soulignant que Wout van Aert est un atout décisif. “Si Wout est en pleine forme, il est crucial pour les étapes de plaine et de moyenne montagne, car il positionne Jonas et le protège du stress
La variable Van Aert
Van Aert, avec son mélange unique de puissance et d’ambition, pourrait être l’atout de Visma. ” Il pourrait être le facteur clé qui permettra à Jonas de gagner le Tour”, explique Voigt. “Il a déjà escaladé le Mont Ventoux, il ne faut pas l’oublier. Il sait très bien grimper
Mais Voigt reconnaît également le défi interne de l’équipe : “Wout n’est pas Joe Average. Il veut aider, mais il veut aussi avoir sa propre journée. C’est l’une des cinq superstars de notre sport” L’équilibre entre l’ambition personnelle et les objectifs de l’équipe reste une danse délicate.

Le problème Pogacar
Pourtant, toute cette planification pourrait s’avérer vaine face à l’indomptable Tadej Pogacar. ” C’est la question à un million de dollars”, s’amuse Voigt lorsqu’on lui demande comment arrêter le Slovène. “Il n’a pas vraiment de point faible – il chute rarement, commet peu d’erreurs tactiques et domine la montagne
Voigt trouve encore une lueur d’espoir dans le précédent. “Vous vous souvenez quand Jonas a pris une ou deux minutes à Tadej ? S’il atteint à nouveau ces chiffres, en particulier dans le TT, cela pourrait faire pencher la balance
Force ou chance – rien entre les deux
Voigt est sans équivoque dans son évaluation finale : “C’est une question de force brutale. Il faut être plus fort – ou incroyablement chanceux. Il faut espérer qu’il soit dans un mauvais jour ou que vous le surpreniez par vent de travers”
Et le verdict ? “Les tactiques intelligentes ne suffisent pas. Pour battre Pogacar, il faut soit une puissance rare, soit une fortune rare.”
À l’approche du Tour de France, une chose est sûre : pour arrêter Pogacar, il ne suffira pas de faire preuve de stratégie, il faudra une touche d’extraordinaire.