De l’éditorial au terrain : La transition tranquille de Carrick
Le retour de Michael Carrick à Old Trafford n’a pas été marqué par des fanfares ou des appels téléphoniques frénétiques, mais par une certitude tranquille. L’ancien milieu de terrain de Manchester United, aujourd’hui entraîneur en chef intérimaire, admet que l’occasion s ‘est présentée dès le départ. “J’étais en route pour Newcastle quand le message est arrivé”, raconte-t-il à Mark Chapman dans une interview exclusive pour The Football Interview. “Je n’ai pas crié sur l’autoroute. J’ai simplement appelé ma femme et je lui ai dit : ‘Voilà ce qui s’est passé'”
Cette confiance discrète s’est traduite par des résultats. Depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe le mois dernier, United a pris 13 points en cinq matches, dont deux victoires consécutives sur Manchester City et Arsenal. Le manager de 44 ans a été nommé Manager du mois en Premier League, ce qui témoigne d’un début de saison qui défie les attentes.
L’effet Mainoo
Kobbie Mainoo est au cœur de la résurgence de United. Le jeune diplômé de 20 ans, qui n’avait pas débuté un match de championnat cette saison sous l’ancienne direction, est devenu un élément incontournable sous la houlette de Carrick. “Je connais Kobbie depuis longtemps”, explique Carrick. “J’ai commencé à travailler avec lui quand il avait 13 ou 14 ans. C’est un immense talent
Pourtant, la confiance de Carrick en Mainoo n’est pas aveugle. “Nous oublions à quel point il est encore jeune”, note-t-il. “Il n’est pas facile de trouver son rythme quand on n’a pas joué. Mais c’est un footballeur fantastique, nous le laissons aller et trouver son rythme” L’approche est délibérée : un minimum d’interférences, un maximum de confiance. “Il y a quelques petites indications, des choses sur la position. Mais surtout, il s’agit de faire confiance à ce qu’il est”
“J’aimais beaucoup le regarder jouer. Ce n’était pas vraiment une grande décision de le faire jouer
La fierté de l’académie et le “rôle ultime
Le lien entre Carrick et le centre de formation de United est profond. Le club a aligné un produit du centre de formation dans chaque équipe depuis 1937, un record qu’il qualifie d'”immense fierté” “C’est ce qui a permis à ce club de football de se construire”, explique-t-il. “Faire débuter un jeune joueur est un moment de fierté comme un autre
Cette philosophie s’applique également à son équipe d’entraîneurs. Aux côtés de Steve Holland, Jonathan Woodgate et Jonny Evans, Carrick a réuni un groupe qui allie expérience et fraîcheur. “Nous avons tous des opinions bien arrêtées”, admet-il. “Mais nous les filtrons. Il est important que nous soyons connectés et que nous comprenions où nous voulons aller”
Evans, une légende du club, et Woodgate, un ancien coéquipier, apportent leur expérience défensive. Holland, qui a travaillé à Chelsea et avec l’équipe nationale d’Angleterre, apporte une profondeur tactique. “Ils me mettent au défi”, déclare Carrick. “Je ne peux pas avoir raison tout le temps
Pression, patience et aspect humain du management
Le style de leadership de Carrick s’appuie sur l’empathie plutôt que sur les tableaux de bord. “J’aime être entouré de gens”, explique-t-il. “Je ne promeus pas le fait que j’ai toutes les réponses. Il s’agit de traiter les gens avec respect
Cette philosophie s’applique également à l’académie. “Nous nous laissons emporter par les résultats”, dit-il. “Mais il s’agit de développer chez les jeunes leur comportement, leur carrière. Certains joueurs ne font même pas leurs débuts ici, mais font une carrière incroyable. Nous en sommes très fiers.”
Et l’avenir ? Le contrat de Carrick ne court que jusqu’à la fin de la saison. Mais pour l’instant, il se concentre sur le présent, sur les liens entre les joueurs, le personnel et les supporters. “L’atmosphère du match contre City était spéciale”, se souvient-il. “On pouvait la ressentir avant le coup d’envoi. C’est la chose la plus satisfaisante que de recevoir cette émotion de tout le monde de manière positive
Et le traitement au sèche-cheveux ? “Je n’ai pas encore crié”, dit-il en riant. “Il y a un temps pour toutes sortes d’émotions. Il faut savoir choisir les bons boutons”
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