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Anthony Gordon estime que l’Angleterre doit renoncer à toute tentative d’imiter le jeu de possession espagnol et miser plutôt sur les qualités qui caractérisent le football anglais. L’ancien joueur de Newcastle, qui évolue désormais à Barcelone, affirme que le fait de copier un style étranger a empêché les Three Lions de mettre fin à six décennies d’attente pour remporter un deuxième trophée majeur.
L’Angleterre a terminé troisième de la Coupe du monde cet été, un résultat respectable sur le papier mais éclipsé par un effondrement chaotique en seconde mi-temps face à l’Argentine en demi-finale. Cette défaite a ravivé un vieux débat sur l’incapacité de l’Angleterre à contrôler les matchs contre des adversaires d’élite. Le sélectionneur Thomas Tuchel a depuis laissé entendre qu’il pourrait devoir « accepter le chaos » d’une approche plus directe en vue de l’Euro 2028, plutôt que d’imposer un style de jeu basé sur la circulation du ballon qui ne convient pas à son effectif.
Le transfert de Gordon à Barcelone, dans le cadre d’une opération qui aurait atteint 80 millions d’euros, a eu lieu juste avant le coup d’envoi du tournoi. Son bref passage dans le football espagnol a renforcé sa conviction que l’obsession de l’Angleterre à vouloir reproduire le style de la Roja est une erreur.
« Je pense que, d’un point de vue culturel, ce n’est pas seulement lors de ce tournoi ou de ce match contre l’Argentine que nous n’avons pas su contrôler le jeu. L’Angleterre, en tant que nation, ne possède pas cette force que l’on retrouve chez les Espagnols, qui maîtrisent les matchs comme eux le font », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas dans notre nature. Je ne suis pas sûr que ce soit quelque chose qui s’enseigne, car maintenant que je joue en Espagne, je peux m’exprimer en connaissance de cause sur la façon dont ils conservent le ballon. C’est très différent de tout ce que j’ai pu connaître en jouant dans ce pays. »
L’ailier n’a pas écarté la possibilité d’une amélioration, mais a insisté sur le fait que l’identité de l’Angleterre devait se construire autour de ses propres atouts plutôt que d’idéaux importés.
«
Je ne suis donc pas sûr que nous puissions jamais atteindre ce niveau-là, mais nous pouvons certainement nous améliorer, ou peut-être prendre une autre direction et vraiment jouer sur nos points forts, à savoir un football physique, direct et basé sur la contre-attaque. On peut choisir l’une ou l’autre voie, et il n’y a pas de recette miracle pour gagner un match de football. Ce sera intéressant de voir ce que nous allons faire. »
Il a poursuivi en développant cette comparaison, soulignant que le fait de calquer le modèle espagnol revient à ignorer les qualités dont disposent déjà les joueurs anglais.
«
Je m’exprime en partant du constat que j’ai l’impression qu’on essaie de copier l’Espagne parce que je suis en Espagne en ce moment. Je sais que nous avons des joueurs tout aussi bons, mais ils ont des qualités différentes. Alors pourquoi essayer de les transformer en joueurs identiques aux Espagnols ? Parce que les joueurs espagnols n’ont pas ce que nous avons, et vice versa. »
Gordon a pris soin de ne pas s’aventurer sur le terrain tactique réservé au staff technique, mais son message était clair : l’Angleterre devrait cesser de se mesurer à ses rivaux continentaux.
«
Je ne veux pas m’exprimer car je ne suis pas le sélectionneur ; je ne vais donc pas m’immiscer dans les tactiques ni dans notre façon de jouer, mais je pense que nous devons cesser, en tant que nation, de chercher ailleurs, et peut-être être fiers de qui nous sommes, de ce que nous sommes, de ce que nous avons, et arrêter de nous comparer aux autres pays, car nous sommes anglais. Nous ne sommes ni espagnols, ni français, ni d’autres pays qui ont réussi. »
Une défaite cuisante face à l’Argentine
Gordon a lui-même donné l’avantage à l’Angleterre à la 55e minute contre l’Argentine, avant de voir cet avantage s’évaporer alors que son équipe se repliait et encaissait deux buts en fin de match. Lautaro Martínez a inscrit le but de la victoire dans le temps additionnel, offrant ainsi à l’Argentine une victoire 2-1. Entre les deux buts argentins, l’Angleterre n’a réussi à conserver que 12 % de possession de balle, un chiffre qui a alimenté les critiques à l’encontre de la décision de Tuchel de passer à une défense à cinq et d’effectuer une série de remplacements prudents à Atlanta.
Gordon a été le premier joueur à être remplacé, sortant à la 72e minute alors qu’il venait tout juste de marquer. Il a admis que ce moment l’avait pris au dépourvu.
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Oui, pour être tout à fait honnête, ça m’a surpris. Simplement parce que je venais de marquer, et je suis le genre de joueur qui, comme je l’ai déjà dit, est vraiment à son meilleur quand il joue à l’adrénaline. Quand je marque, je ne fais généralement pas de mauvais matchs, car je bascule dans un état de confiance inébranlable. J’ai l’impression d’être au sommet du monde. Surtout à ce moment-là, sur cette scène, je me sentais vraiment bien. Mais en tant qu’ailier, pour être honnête, je suis souvent remplacé. C’est normal. C’est généralement le poste qui est visé en premier pour les remplacements, car les remplaçants à votre poste sont souvent rapides et très bons eux aussi. »
Une cicatrice qui ne guérira jamais complètement
L’Angleterre a sauvé l’honneur en battant la France 6-4, décrochant ainsi la troisième place et s’assurant l’organisation du prochain Championnat d’Europe. Gordon a laissé entendre que la douleur causée par la défaite face à l’Argentine ne disparaîtrait peut-être jamais complètement.
«
Pour être tout à fait honnête, je pense que chaque fois que l’on perd quelque chose de précieux dans la vie, que ce soit une personne, un match ou tout ce que l’on souhaite vraiment avoir ou gagner, ou encore quelque chose de grande valeur, je pense que lorsqu’on perd, on n’est plus jamais la même personne. Cela laisse une cicatrice, mais cette cicatrice n’est pas forcément négative. Cela peut vous rendre meilleur. »
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