La FIFA s’apprête à organiser un spectacle de mi-temps à la manière du Super Bowl lors de la finale de la Coupe du monde, le dimanche 19 juillet 2026, au MetLife Stadium dans le New Jersey. Les chaînes de télévision se préparent à une pause pouvant durer jusqu’à 30 minutes. La BBC et ITV se préparent à diffuser 11 minutes de spectacle en direct en plus de leur analyse habituelle de 15 minutes en milieu de match, ce qui porte la durée totale de la pause bien au-delà de ce qu’autorisent les Lois du Jeu.
Les Lois du Jeu, gérées par l’International Football Association Board (IFAB), interdisent explicitement que la durée d’une mi-temps dépasse 15 minutes. La FIFA a déjà enfreint cette règle en organisant une mi-temps de 25 minutes lors de la Coupe du monde des clubs de l’année dernière. La finale de dimanche devrait durer encore plus longtemps.
La liste des artistes confirmés comprend Madonna, Justin Bieber, Shakira, BTS, Burna Boy, Gustavo Dudamel et le chœur PS22 accompagné de Coldplay. Le coup d’envoi, prévu à 20 h, sera également précédé d’une cérémonie de clôture débutant 90 minutes plus tôt, avec Robbie Williams, Tom Cruise et Nicole Scherzinger.
Une violation directe des règles régissant le football
L’IFAB a officiellement rejeté une proposition de 2021 de la Confédération sud-américaine (CONMEBOL) visant à porter la durée maximale de la mi-temps à 25 minutes, invoquant « l’impact négatif sur le bien-être et la sécurité des joueurs résultant d’une période d’inactivité plus longue ». Malgré cette décision, la CONMEBOL a organisé un concert de Shakira de cette même durée lors de la finale de la Copa América 2024 à Miami. Le sélectionneur de la Colombie, Néstor Lorenzo, avait été sanctionné lors de ce même tournoi parce que son équipe était revenue de la mi-temps avec une minute de retard, faisant de cet intervalle prolongé une source de controverse directe. La FIFA a été contactée pour commenter cette affaire.
Pauses d’hydratation : de la publicité déguisée
Le spectacle de la mi-temps n’est pas le seul ajout structurel à faire l’objet d’un examen minutieux. Chaque mi-temps des matchs de Coupe du monde comporte déjà une pause d’hydratation de trois minutes à mi-parcours. Les détracteurs, notamment les supporters qui ont ouvertement hué ces interruptions, affirment que ces pauses répondent à des objectifs commerciaux plutôt que médicaux, d’autant plus que beaucoup d’entre elles ont lieu par temps frais ou pluvieux, lorsque les besoins en hydratation sont minimes. Ces pauses brisent l’élan, modifient la dynamique du match et s’apparentent à des temps morts « glorifiés », conçus pour les annonceurs plutôt que pour les athlètes.
Si l’on fait le calcul pour la finale de dimanche, le tableau est sans appel : un coup d’envoi à 20 h, deux pauses d’hydratation de trois minutes, une mi-temps de 30 minutes, quatre minutes de temps additionnel en première mi-temps et sept en seconde, ce qui place le coup de sifflet final vers 22 h 17. Si l’on ajoute les prolongations et une séance de tirs au but, cela repousse l’heure au-delà de 23 h, ce qui se rapproche de la durée totale de diffusion d’un Super Bowl de la NFL.
Le bien-être des joueurs, un aspect négligé
Cette inactivité prolongée a des conséquences physiques pour les joueurs concernés. Les muscles se refroidissent rapidement pendant les pauses prolongées, ce qui augmente le risque de blessure, en particulier de claquages musculaires. Les joueurs doivent continuer à s’échauffer à plusieurs reprises tout au long d’une soirée marquée par des arrêts et des redémarrages de plus en plus fréquents. Les arguments avancés par l’IFAB pour rejeter la proposition de 25 minutes s’appliquent avec encore plus de force à celle de 30 minutes, mais la FIFA a pris cette décision sans consulter les joueurs, les entraîneurs ni la communauté du football au sens large.
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Ce que cette Coupe du monde révèle sur l’orientation du football
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a présenté cet événement en termes grandioses, déclarant :
« Alors que le monde entier se rassemblera pour le match de football le plus important de l’histoire, le dimanche 19 juillet 2026 au New York New Jersey Stadium, ce spectacle révolutionnaire, orchestré par Chris Martin de Coldplay, célébrera le football, la musique et nos valeurs communes, garantissant un héritage qui transcendera le coup de sifflet final. »
C’est cette même logique commerciale qui a donné naissance à un tournoi à 48 équipes, et qui laisse désormais entrevoir une édition à 64 nations dans quatre ans, qui est à l’origine de cette volonté de mettre l’accent sur le spectacle à la mi-temps. L’attrait de la finale de la Coupe du monde a toujours reposé sur ce qui se passe entre les lignes blanches. L’envelopper dans un format de festival de musique n’y ajoute rien. Cela entre en concurrence avec elle.
Les joueurs sur le terrain constituent l’événement. Cela a toujours été le cas. La portée mondiale du football s’est construite sur deux mi-temps, un ballon et la pression unique d’un match à élimination directe, et non sur des effets spectaculaires empruntés à un autre sport. Restez sur TipsGG pour une couverture complète de la finale de la Coupe du monde 2026 et de tout ce qui l’entoure.