La 81e édition de la Vuelta a España débutera le 22 août par un contre-la-montre de 9,4 km à travers Monaco et ne touchera pas le sol espagnol avant la 5e étape. Entre-temps, le peloton traversera la France et l’Andorre, et une fois que la course mettra le cap vers le sud, les ascensions s’enchaîneront sans relâche : 58 156 mètres de dénivelé positif, sept arrivées en côte et un tout nouveau sommet à franchir l’avant-dernier jour. Cette fois encore, l’arrivée ne se fera pas à Madrid : c’est Grenade et l’Alhambra qui clôtureront la course le 13 septembre. Il s’agit du parcours de la Vuelta le plus difficile depuis des années, et il s’accompagne d’une liste de participants où manquent plusieurs grands noms du cyclisme, mais qui est menée par le champion en titre du Tour de France.
En quoi le parcours de 2026 est-il différent ?
La Vuelta a España 2026 emprunte des routes traversant Monaco, la France et l’Andorre avant d’entrer enfin en Espagne lors de la 5e étape via la Catalogne. C’est inhabituel. La plupart des éditions de la Vuelta rejoignent rapidement le territoire espagnol, mais celle-ci prend son temps, traversant les Pyrénées et le littoral méditerranéen avant de s’enfoncer dans l’intérieur des terres espagnoles. Toute la seconde moitié du parcours se déroule en Andalousie, où la chaleur de septembre peut constituer un obstacle plus redoutable que n’importe quelle ascension.
Le rôle de Monaco en tant qu’hôte revêt une importance historique. La principauté devient ainsi la première ville à accueillir la première étape des trois grands tours. La «Grande Partenza» du Giro y avait fait étape en 1966, le Tour y avait pris le départ en 2009 avec la victoire de Fabian Cancellara dans un contre-la-montre de 15,5 km, et c’est désormais la Vuelta qui vient compléter le triplé. Il s’agit également du septième départ à l’étranger de l’histoire de la Vuelta, et du troisième d’affilée, une pratique que la course a adoptée bien plus tardivement que le Tour ou le Giro.
L’autre changement notable concerne l’arrivée. Madrid est absente, et Grenade devient ainsi la huitième ville à couronner un champion de la Vuelta, rejoignant Madrid, Bilbao, Saint-Sébastien, Miranda de Ebro, Salamanque, Jerez de la Frontera et Saint-Jacques-de-Compostelle. On compte également 41,4 km de contre-la-montre individuel, soit le plus grand nombre dans une Vuelta depuis 2014, ce qui va à l’encontre de la tendance récente des grands tours à réduire le nombre de kilomètres de contre-la-montre. Si vous cherchez une introduction aux paris sportifs, un parcours aussi varié constitue un bon point de départ, car il récompense des profils de coureurs très différents à différents moments.
La Vuelta n’a pas toujours été une course de fin d’été non plus. À l’origine, elle se déroulait au printemps, oscillant entre avril et mai, ce qui la mettait en concurrence directe avec le Giro d’Italia. En 1995, les organisateurs l’ont déplacée vers la période d’août-septembre. Ce changement a transformé la course en quelque chose de différent : un terrain d’essai pour les coureurs cherchant à sauver leur saison ou pour les jeunes talents prêts à se faire remarquer. Pour ceux qui en sont encore à découvrir la terminologie des paris sportifs, la Vuelta offre souvent des cotes plus élevées et des résultats plus imprévisibles que le Tour.
Vuelta a España 2026 : les chiffres clés
| Détails | Info |
|---|---|
| Édition | 81e |
| Dates | Du 22 août au 13 septembre 2026 |
| Grande Départ | Monaco |
| Arrivée | Grenade, Espagne |
| Distance totale | Environ 3 300 km / 2 050 miles |
| Dénivelé total | 58 156 m / 190 800 pieds |
| Étapes | 21 |
| Jours de repos | 2 (31 août, 7 septembre) |
| Étapes de plat | 4 |
| Étapes vallonnées | 5 (dont une arrivée en montée) |
| Étapes de montagne modérée | 4 |
| Étapes de montagne | 6 |
| Arrivées en montée | 7 |
| Contre-la-montre individuels | 2 (41,4 km au total) |
| Contre-la-montre par équipe | 0 |
| Équipes | 23 |
| Coureurs | 184 |
| Dotation | Le montant pour 2026 n’a pas encore été publié ; la cagnotte de 2025 s’élevait à 1 115 775 €, dont 150 000 € pour le vainqueur du classement général et 11 000 € par victoire d’étape |
Les 21 étapes : de Monaco à Grenade
Semaine 1 : Monaco, France, Andorre et est de l’Espagne
La première semaine part de Monaco vers l’ouest, traverse le sud de la France et l’Andorre avant d’entrer en Espagne via la Catalogne lors de la 5e étape. Pas de mise en jambe en douceur : Font-Romeu est au programme le troisième jour, l’Andorre le quatrième, et la semaine se termine par plus de 5 000 mètres de dénivelé positif jusqu’à l’Alto de Aitana.
- Étape 1 (22 août) : de Monaco à Monaco, 9,4 km – Contre-la-montre individuel
- Étape 2 (23 août) : de Monaco à Manosque, 214,3 km – Parcours vallonné
- Étape 3 (24 août) : de Gruissan-Aude à Font-Romeu, 174 km – Montagne moyenne (arrivée en montée)
- Étape 4 (25 août) : Andorre-la-Vieille – Andorre-la-Vieille, 104,8 km – Montagne (arrivée en descente)
- Étape 5 (26 août) : de Falset-Costa Daurada à Roquetes-Terres de l’Èbre, 173,4 km – Vallonné
- Étape 6 (27 août) : d’Alcossebre à Castelló, 177,4 km – Montagne moyenne, avec un secteur de gravier
- Étape 7 (28 août) : de Vall d’Alba à Aramón Valdelinares, 149,8 km – Montagne (arrivée au sommet)
- Étape 8 (29 août) : de Puçol à Xeraco, 171 km – Plat
- Étape 9 (30 août) : de La Vila Joiosa à l’Alto de Aitana, 187,4 km – Montagne (arrivée au sommet)
- Jour de repos n° 1 (31 août)
Semaine 2 : Murcie et Andalousie
La lutte pour le classement général devrait se cristalliser au cours de la deuxième semaine, avec le Calar Alto et la Sierra de la Pandera au programme en l’espace de trois jours, alors que le parcours se dirige vers le sud puis vers l’intérieur des terres.
- Étape 10 (1er septembre) : d’Alcaraz à Elche de la Sierra, 184,7 km – Vallonné
- Étape 11 (2 septembre) : de Carthagène à Lorca, 151,3 km – Plat
- Étape 12 (3 septembre) : de Vera à Calar Alto, 166,6 km – Montagne (arrivée au sommet, précédée par l’Alto de Velefique)
- Étape 13 (4 septembre) : d’Almuñécar à Loja, 192,8 km – Montagne modérée
- Étape 14 (5 septembre) : de Jaén à la Sierra de la Pandera, 154,5 km – Montagne (arrivée au sommet)
- Étape 15 (6 septembre) : de Palma del Río à Córdoba, 189,7 km – Montagne modérée
- 2e jour de repos (7 septembre)
Semaine 3 : le contre-la-montre de Jerez et un nouveau sommet
La chaleur extrême pourrait jouer un rôle, la course restant ancrée dans une Andalousie brûlée par le soleil. Le contre-la-montre de 32 km à Jerez de la Frontera lors de la 18e étape pourrait bouleverser le classement à trois jours de l’arrivée, et l’enchaînement qui suit constitue la partie la plus astucieuse du parcours : Peñas Blancas dès le lendemain, puis le Collado del Alguacil, jamais emprunté auparavant, avec des pentes avoisinant les 20 %, l’avant-dernier après-midi.
- Étape 16 (8 septembre) : de Cortegana à La Rábida (Palos de la Frontera), 181,1 km – Vallonné
- Étape 17 (9 septembre) : de Dos Hermanas à Séville, 185 km – Plat
- Étape 18 (10 septembre) : d’El Puerto de Santa María à Jerez de la Frontera, 32 km – Contre-la-montre individuel
- Étape 19 (11 septembre) : de Vélez-Málaga à Peñas Blancas (Estepona), 210 km – vallonné avec arrivée en montée
- Étape 20 (12 septembre) : de La Calahorra à Collado del Alguacil, 187 km – Montagne (étape reine, arrivée au sommet)
- Étape 21 (13 septembre) : De Carrefour Granada à Grenade, 99,4 km – Officiellement plat, mais avec un circuit final exigeant autour de l’Alhambra
Favoris du maillot rouge : qui remportera la Vuelta 2026 ?
Tadej Pogačar (UAE Team Emirates-XRG) est le seul favori cinq étoiles, et la rédaction de TipsGG estime que la lutte la plus disputée sera celle pour les deuxième et troisième places. Il arrive fort de sa cinquième victoire au Tour de France, le parcours ne présente aucun point faible évident pour lui, et son pire résultat dans un grand tour reste sa troisième place à la Vuelta 2019. La seule véritable interrogation concerne sa récupération, puisqu’il a déjà disputé et remporté une course de trois semaines cet été, tandis que plusieurs de ses rivaux se sont spécifiquement préparés en vue du mois d’août. N’oubliez jamais de parier de manière responsable lorsque vous misez sur l’issue d’une course.
Plusieurs coureurs qui auraient normalement pu bouleverser ce classement général sont absents. Le champion en titre, Jonas Vingegaard, ne courra plus en 2026 après la blessure à la clavicule qui a mis fin à son Tour. Remco Evenepoel, Isaac del Toro, Paul Seixas et Juan Ayuso ne figurent pas non plus dans les plans actuels de leur équipe. Cela affaiblit considérablement le peloton de deuxième rang.
Les prétendants au podium
- Primož Roglič (Red Bull-Bora-Hansgrohe): Le quadruple champion a articulé toute sa saison autour de son objectif de devenir le premier coureur à remporter cinq fois la Vuelta, faisant l’impasse sur le Tour pour y parvenir. Mais fin juillet, il a été percuté par une voiture lors d’un entraînement, ce qui lui a coûté la Clásica de Saint-Sébastien et la Vuelta a Burgos. Ses chances de participation sont estimées à environ 50-50, et Red Bull a reporté la décision jusqu’aux derniers jours. Nous respectons scrupuleusement nos principes éditoriaux, et nous ne disposons tout simplement pas d’informations suffisantes pour évaluer sa condition physique. S’il prend le départ en pleine forme, il sera le rival le plus crédible de la course.
- Felix Gall (Decathlon CMA CGM): Sans doute le coureur le plus en forme après Pogačar. Gall a terminé deuxième du Giro d’Italia en mai, puis a remporté la première victoire au classement général de sa carrière à la Vuelta a Burgos, devançant Oscar Onley de cinq secondes. Il a besoin que les étapes de montagne soient très exigeantes, car c’est lors du contre-la-montre de Jerez que ses espoirs de podium sont les plus menacés.
- Enric Mas (Movistar): le favori local espagnol a terminé trois fois deuxième de la Vuelta sans jamais la remporter. Un podium est un objectif réaliste ; battre Pogačar exigerait un niveau qu’il n’a jamais tout à fait atteint.
- Mattias Skjelmose (Lidl-Trek): Sixième du Tour de France, il arrive en Espagne peu de temps après cette épreuve. Il est meilleur en contre-la-montre que la plupart des pur-coureurs de montagne présents ici, ce qui compte sur ce parcours.
- Carlos Rodríguez (Netcompany INEOS): Il a complètement fait l’impasse sur le Tour et arrive en pleine forme. Il gagne rarement grâce à une seule action spectaculaire, mais il a peu de faiblesses et a tendance à être toujours dans le coup lors de la troisième semaine.
- Oscar Onley (Netcompany INEOS): une blessure à l’épaule suite à une chute lors du Tour d’Auvergne-Rhône-Alpes lui a coûté le Tour, mais sa deuxième place au classement général de Burgos suggère qu’il a retrouvé sa forme. Il mène l’équipe INEOS au classement général.
- João Almeida (UAE Team Emirates-XRG): Deuxième l’année dernière, il est trop fort pour être considéré comme un simple coéquipier. Une saison marquée par les blessures, notamment une chute qui a mis fin à son Tour de Pologne, rend difficile d’évaluer son potentiel maximal, mais le maintenir haut au classement général donne à UAE une deuxième carte que ses rivaux ne peuvent ignorer.
- Cian Uijtdebroeks (Movistar): La deuxième option de Movistar au classement général après un Tour perturbé par la maladie. Une place dans le top 10 est réaliste, voire mieux s’il parvient à rester au contact des leaders dès la première semaine.
- Mikel Landa (Soudal Quick-Step): Ce vétéran, chouchou du public, est connu pour ses attaques chaotiques sur de longues distances. Le contre-la-montre de 32 km rend difficile une véritable prétention au classement général ; sa meilleure stratégie consiste donc à déstabiliser la course avant la 18e étape.
Autres noms à surveiller
Wout van Aert (Visma-Lease a Bike), le vainqueur du maillot vert Mads Pedersen (Lidl-Trek) et Stefan Küng (Tudor Pro Cycling) animeront les échappées, les contre-la-montre et les profils de type classique. Richard Carapaz figure sur la liste provisoire d’EF Education-EasyPost après avoir remporté le classement de la montagne du Tour. Tudor participe à la Vuelta pour la première fois, avec Marco Brenner, vainqueur du classement général du Tour de Pologne, aux côtés de Küng. Les effectifs restent provisoires jusqu’à la confirmation de la liste de départ officielle avant la Gran Salida de Monaco.
Pogačar et le triplé des Grands Tours
Une victoire à Grenade ferait de Pogačar le neuvième coureur à remporter les trois Grands Tours, rejoignant ainsi Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Alberto Contador, Vincenzo Nibali, Chris Froome et Jonas Vingegaard, qui a lui-même complété le triplé lors du Giro de cette année. Pogačar compte déjà cinq Tours de France et le Giro 2024 à son palmarès ; la Vuelta est l’une des rares lacunes qui subsistent dans son palmarès, et la course démarre dans sa ville d’adoption.
Il a pris le départ de neuf Grands Tours et remporté des étapes dans chacun d’entre eux, avec un record de six victoires d’étape, atteint à deux reprises en 2024, tant au Giro qu’au Tour. Même en 2023, lorsque Vingegaard l’a devancé au classement général, il a remporté deux étapes. Une réserve mérite toutefois d’être soulignée : les championnats du monde à Montréal se dérouleront du 20 au 27 septembre, la course sur route masculine élite ayant lieu exactement deux semaines après la fin de la Vuelta, et Pogačar en est le champion en titre. Il pourrait bien choisir de gérer ses efforts plutôt que de tout donner en Espagne.
Les Nord-Américains à la Vuelta 2026
Les Nord-Américains ont un palmarès impressionnant à la Vuelta. Sepp Kuss a remporté la victoire au classement général en 2023 et reste le dernier Américain à avoir gagné un grand tour. Deux coureurs américains figurent sur les listes provisoires : Kevin Vermaerke, qui fait partie de l’équipe de soutien de Pogačar chez UAE, et Matthew Riccitello (Decathlon CMA CGM), qui a terminé cinquième l’année dernière et qui est un véritable outsider capable de se classer dans le top 10 sur un parcours aussi montagneux.
Kuss lui-même devrait faire partie de Visma-Lease a Bike, bien que la composition définitive de l’équipe néerlandaise, qui comptera huit coureurs, n’ait pas encore été confirmée. Matteo Jorgenson et Neilson Powless ont tous deux été cités, mais ne figurent pas sur les listes provisoires actuelles. Du côté canadien, Hugo Houle est inscrit chez Alpecin-Premier Tech. Il est toujours utile de bien comprendre vos droits en tant que parieur avant de miser sur l’un de ces coureurs.
L’histoire haute en couleur des maillots de la Vuelta
Le Tour de France possède son maillot jaune emblématique. Le maillot de leader de la Vuelta, en revanche, a connu une évolution mouvementée. Lors de la première Vuelta en 1935, le leader de la course portait du orange. Au fil des décennies, la couleur a changé à plusieurs reprises, souvent en fonction du sponsor qui finançait le maillot à l’époque. Après l’acquisition d’une participation dans La Vuelta par ASO, le maillot est passé au jaune, puis à l’or, avant de s’imposer, à partir de 2010, sous la forme du désormais emblématique « maillot rojo ».
La Vuelta détient un record que ni le Tour ni le Giro ne possèdent : celui du plus vieux vainqueur d’un grand tour masculin. En 2013, le cycliste américain Chris Horner a remporté le classement général à 41 ans, devant Alejandro Valverde et Vincenzo Nibali.
Comment suivre la Vuelta a España 2026
La couverture médiatique est largement disponible, quel que soit votre lieu de résidence. Les étapes se terminent généralement entre 17 h 00 et 17 h 30 CET, juste à l’heure de la sieste en Espagne.
| Région | Chaîne |
|---|---|
| États-Unis | NBC / Peacock |
| Canada | FloBikes |
| Royaume-Uni | TNT Sports / HBO Max |
| Australie | SBS |
| Dans le monde entier | Eurosport, RTVE, VRT, TV2, NOS, Supersport, J Sports, ESPN |
Que vous la regardiez via les chaînes gratuites ou grâce à un abonnement à un service de streaming payant, les moyens ne manquent pas pour suivre chaque kilomètre, de Monaco à Grenade. Cette Vuelta vaudra le détour du début à la fin.