Peu de moments dans le football concentrent autant de pression en un seul instant qu’une séance de tirs au but en Coupe du monde : un pas, un plongeon, une décision, et le sort d’une nation dans le tournoi se joue. Les gardiens qui excellent dans ces moments-là occupent une place à part dans la légende du football, et nous classons ici les dix meilleurs d’entre eux : non seulement en fonction des chiffres bruts, mais aussi en tenant compte du contexte, de la régularité et de l’importance des moments qu’ils ont façonnés. Des nerfs d’acier d’Harald Schumacher en 1982 au jeu psychologique d’Emiliano Martínez au Qatar, voici le classement définitif des arrêts de penalty qui ont marqué des générations.
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Critères de sélection des 10 meilleurs gardiens de but ayant arrêté le plus de penalties dans l’histoire de la Coupe du monde
Identifier le gardien de but ayant arrêté le plus de penalties en Coupe du monde ne se résume pas à compter le nombre d’arrêts. Un gardien qui arrête trois penalties lors d’une seule séance de tirs au but en phase à élimination directe d’une demi-finale de Coupe du monde accomplit un exploit radicalement différent de celui qui en arrête deux lors d’un match sans enjeu de la phase de poules. Notre classement s’est appuyé sur les critères suivants :
| Critère | Description |
| Nombre total de penalties arrêtés | L’indicateur principal : nombre de tirs au but arrêtés lors de toutes les séries de tirs au but de la Coupe du monde |
| Phase du tournoi | Les arrêts effectués en quarts de finale, en demi-finales et en finale ont un poids plus important |
| Taux d’arrêts | Pourcentage de tirs au but arrêtés par rapport au nombre total de tirs affrontés, permettant de contextualiser le volume |
| Impact tactique | Preuve d’une préparation, d’un placement ou d’un déstabilisation psychologique allant au-delà des seules capacités athlétiques brutes |
| Source des données | Records des gardiens de but de la Coupe du monde sur FIFA.com, statistiques d’Opta sur les tirs au but en Coupe du monde et comptes rendus historiques vérifiés |
Un gardien ayant réalisé quatre arrêts sur plusieurs tournois est classé devant un autre ayant atteint ce même chiffre lors d’une seule compétition : la régularité sur l’ensemble des Coupes du monde est la marque d’un véritable spécialiste. Cette méthodologie garantit que le classement reflète une véritable maîtrise de l’art des tirs au but, et non une anomalie statistique.
Top 10 des gardiens ayant réalisé le plus d’arrêts aux tirs au but en Coupe du monde
Les séances de tirs au but de la Coupe du monde ont donné lieu à certains des moments les plus intenses de l’histoire du football : tirs manqués, cœurs brisés, plongeons légendaires. Mais pour chaque tireur qui se retrouve sous les feux de la rampe, il y a un gardien qui fait la différence depuis l’autre côté de la surface de réparation.
Les gardiens de but figurant sur cette liste ont, à eux tous, arrêté des tirs au but à des moments cruciaux, sur quatre décennies de Coupe du monde, sur trois continents, sous une pression que la plupart des athlètes ne connaîtront jamais. Voici leur classement, par ordre croissant :
| Classement | Gardien | Pays | Arrêts | Coupe(s) du monde |
| 10 | Oleksandr Shovkovskyi | Ukraine | 2 | 2006 |
| 9 | Yassine Bounou | Maroc | 2 | 2022 |
| 8 | Iker Casillas | Espagne | 2 | 2002, 2010 |
| 7 | Kasper Schmeichel | Danemark | 3 | 2018 |
| 6 | Emiliano Martínez | Argentine | 3 | 2022 |
| 5 | Ricardo | Portugal | 3 | 2006 |
| 4 | Dominik Livaković | Croatie | 4 | 2022 |
| 3 | Danijel Subašić | Croatie | 4 | 2018 |
| 2 | Sergio Goycochea | Argentine | 4 | 1990 |
| 1 | Harald Schumacher | Allemagne de l’Ouest | 4 | 1982, 1986 |
Examinons maintenant chaque gardien de but en détail — en commençant par le n° 10 pour aller jusqu’au détenteur du record du monde de parades lors des tirs au but en Coupe du monde.
N° 10 Oleksandr Shovkovskyi — Ukraine, 2006

Source : https://x.com/ZoryaLondonsk
La présence d’Oleksandr Shovkovskyi dans cette liste témoigne de ce qu’il est possible d’accomplir en un seul après-midi inoubliable. Le match des huitièmes de finale opposant l’Ukraine à la Suisse à Cologne, en 2006, s’est terminé sur un score nul et vierge après prolongation — une rencontre qui n’a donné lieu à aucun but en jeu mais qui s’est décidée aux tirs au but. Shovkovskyi a arrêté deux penalties suisses, tandis qu’un troisième a heurté la barre transversale, permettant à l’Ukraine de s’imposer 3-0 et de se qualifier pour les quarts de finale. Pour une nation qui faisait ses débuts en Coupe du monde, le poids psychologique de ce moment était immense. Shovkovskyi l’a porté.
Principales réalisations et statistiques de carrière :
- A arrêté deux penalties lors de la séance de tirs au but de la Coupe du monde 2006 contre la Suisse (un troisième tir suisse a heurté la barre), aidant ainsi l’Ukraine à atteindre les quarts de finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne
- L’Ukraine a atteint les quarts de finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne, sa seule participation à la Coupe du monde à ce stade de la compétition
- Gardien de but le plus célèbre et le plus ancien du Dynamo de Kiev, avec une carrière s’étendant sur trois décennies
- L’un des meilleurs gardiens de but d’Europe de l’Est de sa génération
- Ses arrêts comptent toujours parmi les plus marquants, d’un point de vue statistique, de l’histoire des tirs au but en Coupe du monde pour une nation participant pour la première fois
N° 9 Yassine Bounou — Maroc, 2022

Source : https://x.com/AfricaFactsZone
Yassine Bounou s’est révélé sur la scène internationale au Qatar en arrêtant deux tirs au but lors de la victoire du Maroc contre l’Espagne en huitièmes de finale. L’Espagne n’a réussi à marquer aucun de ses trois penalties — Bounou en a arrêté deux, le troisième ayant heurté le poteau — et le Maroc s’est imposé 3-0. Cette performance était autant psychologique que physique : Bounou avait été écarté de manière inattendue de l’échauffement d’avant-match, avant de faire son apparition entre les poteaux et de repousser deux tirs des tireurs désignés de l’Espagne. Le parcours du Maroc jusqu’en demi-finale a constitué le plus grand exploit de l’histoire de la Coupe du monde africaine, et les exploits de Bounou lors de la séance de tirs au but contre l’Espagne ont marqué le véritable point de départ de cette aventure.
Principales réalisations et statistiques de carrière :
- 2 arrêts de penalty lors de la séance de tirs au but de la Coupe du monde 2022 contre l’Espagne — un moment décisif dans le parcours historique du Maroc
- Le Maroc est devenu la première nation africaine à atteindre les demi-finales de la Coupe du monde ; Bounou a joué un rôle central dans cet exploit
- Élu l’un des meilleurs gardiens de but de la Coupe du monde 2022 au Qatar par plusieurs médias
- Sa carrière en club à Séville, suivie de son transfert à Al Hilal en Ligue professionnelle saoudienne, a confirmé son statut de gardien de but évoluant au plus haut niveau
- Sa manœuvre psychologique d’avant-match contre l’Espagne est devenue l’un des moments les plus commentés de l’histoire récente de la Coupe du monde
N° 8 Iker Casillas — Espagne, 2002 et 2010

Source : https://x.com/UEFAEURO
Le bilan d’Iker Casillas lors des séries de tirs au but sur deux Coupes du monde confirme ce que tous ceux qui l’ont vu jouer savaient déjà : il était l’un des gardiens les plus complets de son époque, même sous une pression extrême. En 2002, Casillas a arrêté deux tirs au but contre la République d’Irlande en huitièmes de finale — repoussant les tentatives de David Connolly et Kevin Kilbane lors d’un match que l’Espagne a remporté 3-2 aux tirs au but. L’Espagne s’est ensuite inclinée face à la Corée du Sud en quart de finale, lors d’une séance de tirs au but où Casillas n’a pas joué un rôle décisif. En 2010, alors que l’Espagne soulevait le trophée à Johannesburg, son arrêt face au penalty d’Oscar Cardozo (Paraguay) en quarts de finale est resté un épisode secondaire méconnu de ce triomphe historique. Casillas a terminé sa carrière en Coupe du monde avec 3 arrêts lors de séances de tirs au but répartis sur deux tournois — un chiffre qui semble modeste uniquement parce que son influence globale s’étendait bien au-delà de la surface de réparation.
Principales réalisations et statistiques de carrière :
- 2 arrêts lors de tirs au but en Coupe du monde (contre la République d’Irlande, en 2002) plus 1 arrêt sur penalty en jeu (contre le Paraguay, en 2010) — premier gardien à avoir arrêté des penalties lors de plusieurs éditions de la Coupe du monde
- Membre de l’équipe d’Espagne vainqueur de la Coupe du monde 2010, leur seul titre de champion du monde de la FIFA
- Lauréat du Gant d’or lors de la Coupe du monde 2010
- Double vainqueur de la Ligue des champions de l’UEFA et sans doute le plus grand gardien de but espagnol de tous les temps
- Les records des gardiens de but de la Coupe du monde de la FIFA confirment que Casillas fait partie de l’élite en termes de statistiques globales de performance
N° 7 Kasper Schmeichel — Danemark, 2018

Source : https://x.com/EuroQualifiers
La performance de Kasper Schmeichel lors du match des huitièmes de finale opposant le Danemark à la Croatie lors de la Coupe du monde 2018 en Russie mérite bien plus de reconnaissance qu’elle n’en reçoit généralement. Il a arrêté un penalty pendant les prolongations — en repoussant la frappe de Luka Modrić à la 116e minute — puis deux autres lors de la séance de tirs au but, ceux de Milan Badelj et de Josip Pivarić, soit un total de trois arrêts. Le Danemark a finalement perdu cette séance de tirs au but alors que, objectivement, Schmeichel avait tout fait pour la remporter — mais il a été contré à chaque arrêt par Danijel Subašić de l’autre côté, dans l’une des plus belles performances combinées de gardiens de but de l’histoire de la Coupe du monde. Les trois arrêts de Schmeichel en un seul match le placent parmi l’élite des statistiques des tirs au but de la Coupe du monde de la FIFA, et la cruauté du résultat final ne fait que souligner à quel point la marge est mince dans les séries de tirs au but au niveau international. Son père, Peter, avait gardé les buts lors de la victoire du Danemark aux tirs au but lors de l’Euro 1992 — mais le nombre de tirs au but arrêtés par Kasper en un seul match de Coupe du monde est sans égal dans l’histoire de la famille.
Principales réalisations et statistiques de carrière :
- 3 arrêts de penalty lors d’un seul match de Coupe du monde (1 en prolongation face à Modrić + 2 lors de la séance de tirs au but face à Badelj et Pivaric) contre la Croatie, en 2018
- L’un des meilleurs totaux de penalties arrêtés en un seul match de l’histoire de la Coupe du monde ; combiné aux trois arrêts de Subašić ce jour-là, ce match a donné lieu à un record de cinq arrêts lors d’une séance de tirs au but en Coupe du monde
- Le Danemark a atteint les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2018 en Russie ; Schmeichel en a été le joueur le plus remarquable
- Vainqueur de la Premier League avec Leicester City en 2016, l’une des plus grandes surprises de l’histoire de ce sport
- Fils de Peter Schmeichel, il contribue à faire de la famille Schmeichel l’une des grandes dynasties du football en matière de gardiens de but internationaux
- Ses arrêts face à la Croatie sont régulièrement cités dans les analyses des séances de tirs au but de la Coupe du monde comme figurant parmi les plus beaux de l’histoire de la compétition
N° 6 Emiliano Martínez — Argentine, 2022

Source : https://x.com/fifaworldcup_es
Emiliano Martínez ne s’est pas contenté d’arrêter des tirs au but au Qatar en 2022 : il a fait de l’ensemble du rituel des tirs au but une véritable arme. Ses trois arrêts — deux contre les Pays-Bas en quarts de finale et un contre la France en finale —, combinés à une stratégie délibérée visant à déstabiliser psychologiquement ses adversaires (retards, provocations, déplacement du ballon), ont aidé l’Argentine à surmonter les moments les plus tendus de son parcours vers le titre. Face aux Pays-Bas en quarts de finale, une séance de tirs au but qui avait déjà pris une tournure très dramatique est devenue le théâtre de l’une des performances les plus spectaculaires d’un gardien de but de l’histoire de la Coupe du monde. Martínez n’est pas le gardien de but ayant arrêté le plus grand nombre de penalties en Coupe du monde en termes de chiffres bruts, mais son impact sur le triomphe de l’Argentine en 2022 a sans doute été inégalé par aucun autre joueur au cours d’un seul tournoi.
Principales réalisations et statistiques de carrière :
- 3 penalties arrêtés lors de la Coupe du monde 2022 — 2 contre les Pays-Bas en quart de finale, 1 contre la France en finale
- Vainqueur de la Coupe du monde avec l’Argentine au Qatar en 2022
- Élu « Gant d’or » de la Coupe du monde de la FIFA (meilleur gardien) au Qatar en 2022
- Sa prestation face aux Pays-Bas — alliant deux arrêts lors de la séance de tirs au but à une pression psychologique constante — a été largement analysée comme l’une des performances individuelles les plus marquantes de l’histoire des tirs au but en tournoi
- Il s’est retrouvé au cœur d’une polémique mondiale en raison de ses tactiques de célébration, qui se sont néanmoins révélées tout à fait efficaces
- Titulaire indiscutable d’Aston Villa avant ses exploits en Coupe du monde ; sa valeur marchande a considérablement augmenté par la suite
N° 5 Ricardo — Portugal, 2006

Source : https://x.com/FootyTimeless
Ricardo occupe un chapitre particulièrement singulier de l’histoire du football de tournoi, ses moments marquants s’étalant sur deux séries de tirs au but distinctes contre l’Angleterre. Lors de l’Euro 2004, il a retiré ses gants avant d’arrêter le penalty de Darius Vassell, puis s’est élancé pour marquer lui-même le tir décisif — une combinaison de mise en scène psychologique et de sang-froid qui est depuis entrée dans la légende. Deux ans plus tard, lors des quarts de finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne, il a livré la plus belle performance purement gardienne de but de sa carrière : trois arrêts en une seule séance de tirs au but — face à Frank Lampard, Steven Gerrard et Jamie Carragher — sans avoir besoin de recourir à aucune mise en scène supplémentaire. Le Portugal a atteint les demi-finales, son meilleur résultat en Coupe du monde depuis 1966.
Principales réalisations et statistiques de carrière :
- 3 penalties arrêtés lors du quart de finale de la Coupe du monde 2006 contre l’Angleterre — le premier gardien à réaliser cet exploit lors d’une seule séance de tirs au but en Coupe du monde
- Il a également arrêté un penalty et marqué lors de la même séance de tirs au but contre l’Angleterre à l’Euro 2004 — retirant ses gants avant d’arrêter le penalty de Vassell, puis de transformer le tir au but décisif
- Le fait qu’il ait retiré ses gants lors de l’Euro 2004 est l’un des gestes les plus emblématiques de la guerre psychologique entre gardiens de but dans l’histoire du football international
- Le Portugal a atteint les demi-finales de la Coupe du monde 2006 en Allemagne, son meilleur résultat en Coupe du monde depuis 1966
- Il est régulièrement cité parmi les performances de gardiens de but les plus inhabituelles sur le plan statistique et les plus marquantes sur le plan psychologique lors des grands tournois
- Sa carrière en club au Sporting CP, puis à Beşiktaş, a confirmé qu’il était un joueur fiable de très haut niveau
N° 4 Dominik Livaković — Croatie, 2022

Source : https://x.com/brfootball
Dominik Livaković a porté à lui seul la campagne de la Croatie lors de la Coupe du monde 2022 dans les phases à élimination directe. Avec quatre penalties arrêtés — répartis entre les séances de tirs au but contre le Japon et le Brésil —, il s’est classé parmi les gardiens les plus prolifiques en tirs au but lors d’une même Coupe du monde, égalant le record détenu par son prédécesseur Danijel Subašić. Contre le Japon en huitièmes de finale, il a arrêté trois tirs lors d’une seule séance de tirs au but. Face au Brésil en quarts de finale, une performance époustouflante en jeu ouvert pendant 120 minutes a permis à la Croatie de rester dans la course, avant que son arrêt face à Rodrygo lors de la séance de tirs au but ne contribue à éliminer les favoris. Ses statistiques en matière de tirs au but lors de la Coupe du monde de la FIFA au Qatar 2022 sont les plus concentrées de l’histoire récente du tournoi.
Principales réalisations et statistiques de carrière :
- 4 penalties arrêtés au Qatar 2022 — lors de deux séries de tirs au but distinctes (contre le Japon et contre le Brésil)
- 3 penalties arrêtés lors d’une seule séance de tirs au but contre le Japon, en huitièmes de finale
- La Croatie a atteint les demi-finales de la Coupe du monde 2022 au Qatar — l’un des plus beaux exploits de l’histoire du football national
- Nommé à plusieurs reprises dans les « Best XI » de la Coupe du monde pour ses performances en 2022
- Ses statistiques en séries de tirs au but sur un seul tournoi le placent parmi les meilleurs gardiens de l’histoire de la Coupe du monde en termes de nombre de penalties arrêtés
- Son transfert ultérieur au Fenerbahçe a confirmé son statut de gardien de but parmi l’élite européenne à la suite de ses performances lors de la Coupe du monde 2022
N° 3 Danijel Subašić — Croatie, 2018

Source : https://x.com/Squawka_Live
Le rôle de Danijel Subašić dans le parcours de la Croatie jusqu’en finale de la Coupe du monde 2018 est l’une des histoires les plus méconnues de ce sport. Il a arrêté quatre penalties au cours des phases à élimination directe — trois contre le Danemark en huitièmes de finale, un contre la Russie en quarts de finale — et sa prestation face à la Russie a sans doute été la plus extraordinaire des deux. Il semblait avoir subi une grave blessure aux ischio-jambiers dans les dernières minutes de la seconde mi-temps contre la Russie, mais il a tout de même continué à jouer pendant les prolongations et a réussi le premier arrêt décisif de la séance de tirs au but. Le fait qu’il ait pu être performant dans ces conditions physiques témoigne d’une force mentale extraordinaire. La Croatie disputait sa toute première finale de Coupe du monde, et les arrêts de Subašić lors des tirs au but en phase à élimination directe en ont été l’une des principales raisons. Son total de quatre arrêts en une seule Coupe du monde constitue le record ex æquo du tournoi, qu’il partage avec Goycochea (1990) et Livaković (2022).
Principales réalisations et statistiques de carrière :
- 4 penalties arrêtés lors de la Coupe du monde 2018 en Russie — dont 3 lors d’une seule séance de tirs au but contre le Danemark ; record ex æquo du tournoi avec Goycochea (1990) et Livaković (2022)
- A subi une blessure aux ischio-jambiers lors du quart de finale contre la Russie, mais est resté sur le terrain et a arrêté un penalty lors de la séance de tirs au but qui a suivi
- La Croatie a atteint la finale de la Coupe du monde pour la première fois de son histoire ; Subašić a joué un rôle décisif
- Sa performance de trois arrêts face au Danemark n’était que la deuxième fois qu’un gardien arrêtait trois penalties lors d’une seule séance de tirs au but en Coupe du monde, égalant ainsi le Portugais Ricardo face à l’Angleterre en 2006
- Gardien de but de longue date de l’AS Monaco ; ses performances en Coupe du monde représentent l’apogée d’une brillante carrière en club
N° 2 Sergio Goycochea — Argentine, 1990

Source : https://x.com/VSportsTM
Sergio Goycochea n’était pas le gardien titulaire de l’Argentine au début de la Coupe du monde 1990 en Italie. Il l’a terminée en tant que l’un des spécialistes des tirs au but les plus célèbres que la Coupe du monde ait jamais connus. Après que Nery Pumpido s’est cassé la jambe à la 11e minute du deuxième match de poule de l’Argentine contre l’Union soviétique, Goycochea l’a remplacé — et a ensuite refusé de céder sa place. Il a arrêté quatre penalties tout au long du parcours de l’Argentine : deux contre la Yougoslavie en quarts de finale et deux contre l’Italie en demi-finales. Dans les deux cas, ses arrêts ont été la raison directe de la qualification de l’Argentine, même si la séance de tirs au but contre la Yougoslavie a été particulièrement dramatique : l’Argentine était elle-même menée lors de cette séance avant que Goycochea n’intervienne. À une époque où l’analyse systématique des performances des gardiens de but, telle qu’elle est aujourd’hui fournie par les prestataires de données modernes, n’existait pas encore, Goycochea comptait uniquement sur son instinct et son sang-froid — et il était pratiquement imbattable sur les tirs au but. L’Argentine a perdu la finale face à l’Allemagne de l’Ouest, sur un seul penalty marqué en jeu ouvert, mais la Coupe du monde 1990 de Goycochea reste l’une des plus grandes performances individuelles d’un gardien de but de l’histoire de la Coupe du monde.
Principales réalisations et statistiques de carrière :
- 4 penalties arrêtés lors de la Coupe du monde 1990 en Italie — lors des séances de tirs au but contre la Yougoslavie et l’Italie, ce qui constitue le record ex æquo du plus grand nombre d’arrêts lors d’une même Coupe du monde (partagé avec Danijel Subašić en 2018 et Dominik Livaković en 2022)
- L’Argentine a atteint la finale de la Coupe du monde 1990 ; les exploits de Goycochea lors des tirs au but ont été indispensables à ce parcours
- Un gardien remplaçant qui est devenu la star incontestée des moments décisifs du tournoi
- Ses performances successives lors des tirs au but comptent toujours parmi les plus analysées de l’histoire des tirs au but en Coupe du monde
- Il a inspiré les générations suivantes de gardiens argentins — dont Emiliano Martínez — dans leur approche du rituel des tirs au but
- L’un des quatre seuls gardiens de but de l’histoire de la Coupe du monde à avoir arrêté au moins quatre tirs au but au cours de sa carrière en Coupe du monde, et l’un des trois à avoir atteint ce total au cours d’un même tournoi
N° 1 Harald Schumacher — Allemagne de l’Ouest, 1982 et 1986

Source : https://x.com/olympia_vintage
Harald Schumacher a été le premier gardien à accumuler quatre arrêts lors de tirs au but en Coupe du monde, un exploit qu’il a réalisé au cours de deux campagnes avec l’Allemagne de l’Ouest — en Espagne en 1982 et au Mexique en 1986 — à une époque où la préparation aux tirs au but était rudimentaire par rapport aux normes actuelles et où les entraîneurs de gardiens ne disposaient d’aucune donnée algorithmique sur laquelle s’appuyer. Schumacher analysait le jeu avec une intelligence froide et calculatrice qui le rendait particulièrement difficile à battre dans les moments de forte pression. L’Allemagne de l’Ouest était sans doute l’équipe par excellence de cette époque en matière de tirs au but, et Schumacher était le pilier de cette réputation. Son record a depuis été égalé par Sergio Goycochea (Argentine, 1990), Danijel Subašić (Croatie, 2018) et Dominik Livaković (Croatie, 2022), mais Schumacher fut le pionnier — le premier à démontrer qu’il était possible d’exceller aux tirs au but d’un tournoi à l’autre, et ce avant même que la préparation systématique ne devienne la norme dans le football international.
Principales réalisations et statistiques de carrière :
- 4 penalties arrêtés lors des Coupes du monde de 1982 et 1986 — record ex æquo du plus grand nombre d’arrêts lors de tirs au but en Coupe du monde, une marque qu’il a été le premier à établir et qui a depuis été égalée par trois autres joueurs
- L’Allemagne de l’Ouest a atteint la finale en 1982 et en 1986 ; Schumacher était le gardien titulaire lors de ces deux campagnes
- L’un des gardiens de but européens les plus complets sur le plan technique des années 1980
- Ses performances lors de ces deux tournois ont établi la norme en matière de régularité lors des séances de tirs au but sur l’ensemble d’une Coupe du monde
- Une figure emblématique de l’ère des tirs au but, avant que la préparation systématique ne devienne la norme dans le football international
Mentions honorables
La concurrence pour une place dans ce top 10 est féroce — et les cinq gardiens ci-dessous ont su se démarquer à leur manière.
Taffarel — Brésil (1994) a été le dernier rempart lors de la toute première séance de tirs au but décisive d’une finale de Coupe du monde. Bien que son nombre d’arrêts ne soit pas exceptionnel, sa performance face à l’Italie lors de la finale de Pasadena — qui a permis au Brésil de mettre fin à 24 ans d’attente pour remporter le trophée — le place parmi les gardiens les plus marquants de l’histoire du tournoi. Son arrêt face à Daniele Massaro a permis au Brésil de conserver son avance, avant que le tir manqué tristement célèbre de Roberto Baggio lors de la série suivante ne scelle le titre.
Igor Akinfeev — Russie (2018) a réalisé la performance la plus célèbre de l’histoire récente lors d’une séance de tirs au but pour un gardien de but du pays hôte. Deux arrêts en plongeon contre l’Espagne — tous deux sur sa droite, le second étant un arrêt remarquable du pied, fruit d’un instinct exceptionnel — ont propulsé la Russie en quarts de finale et ont donné lieu à des scènes d’euphorie nationale qui sont encore diffusées aujourd’hui dans les résumés des meilleurs moments.
Fabien Barthez — France (1998, 2002 et 2006) était un spécialiste des tirs au but d’un autre genre : un maître du jeu psychologique avant le tir, se plaçant près d’un poteau pour inciter les tireurs à hésiter, puis punissant ce moment d’inattention. Son parcours en matière de penalties en Coupe du monde s’étend sur trois éditions et comprend des moments qui ont influencé la manière dont les gardiens modernes abordent la dimension psychologique des séries de tirs au but.
Gianluca Pagliuca — Italie (1994) a été le gardien titulaire de l’Italie pendant la majeure partie de son parcours jusqu’à la finale de 1994, un tournoi au cours duquel l’Italie a battu le Nigeria en prolongation et l’Espagne en temps réglementaire avant d’atteindre Pasadena. Le sang-froid et le placement de Pagliuca ont fait de lui l’un des gardiens les plus doués de sa génération pour anticiper les tirs au but, même si la chance n’a finalement pas souri à son équipe en finale.
Gianluigi Buffon — Italie (2006) occupe une place à part dans ce contexte : un gardien si dominant en jeu ouvert que son bilan aux tirs au but tient presque du détail. Sa campagne lors de la Coupe du monde 2006 est largement considérée comme l’une des plus grandes performances individuelles d’un gardien dans l’histoire du tournoi, n’ayant concédé qu’un seul but (hors penalty) en sept matches. Sa maîtrise tout au long du tournoi — notamment un arrêt décisif en prolongation sur une tête de Zidane en finale, avant que l’Italie ne s’impose aux tirs au but — a été un élément constant du parcours triomphal de l’Italie vers le titre à Berlin.
Héritage et avenir des gardiens de but lors des tirs au but en Coupe du monde
L’art d’arrêter les tirs au but en Coupe du monde a considérablement évolué depuis 1982, époque où Schumacher devinait les tirs des tireurs par pure intuition. Aujourd’hui, la préparation repose sur un profilage psychologique détaillé, une analyse des tendances statistiques et des tactiques délibérées de déstabilisation — le tout conçu pour faire pencher autant que possible la balance de cette loterie en faveur du gardien.
Ce que cette liste révèle avant tout, c’est que les records de gardiens ayant arrêté le plus de tirs au but en Coupe du monde se concentrent autour d’un profil spécifique : des gardiens sereins, réfléchis et capables de donner le meilleur d’eux-mêmes sous la pression la plus impitoyable de ce sport. Le talent physique est une condition préalable. C’est la force mentale qui fait la différence.
À l’avenir, Emiliano Martínez est le candidat évident pour défier les records de tous les temps si l’Argentine continue d’atteindre les séances de tirs au but lors des prochaines Coupes du monde. Les performances de Dominik Livaković au Qatar suggèrent que le vivier croate de spécialistes des tirs au but n’est pas encore épuisé. Et une nouvelle génération de gardiens préparés de manière analytique — formés à l’aide de dossiers d’avant-match détaillés et d’un coaching psychologique — repoussera les limites du possible à onze mètres.
Une chose est sûre : les tirs au but en Coupe du monde ne manqueront jamais de suspense. Et tant qu’elle existera, les gardiens capables de tenir le coup à ce moment-là et de refuser de se faire battre seront portés aux nues d’une manière toute particulière.
Foire aux questions
Qui détient le record du nombre d’arrêts lors des séries de tirs au but en Coupe du monde ?
Harald Schumacher, de l’Allemagne de l’Ouest, détient le record en carrière, avec 4 penalties arrêtés lors des Coupes du monde de 1982 et 1986 — le plus grand nombre sur plusieurs tournois.
Quel gardien a arrêté le plus de penalties lors d’une seule Coupe du monde ?
Plusieurs gardiens ont arrêté 4 penalties au cours d’un même tournoi : Goycochea (1990), Subašić (2018) et Livaković (2022). Celles de Livaković ont été réalisées lors de deux séries de tirs au but distinctes.
Comment les statistiques relatives aux séries de tirs au but de la Coupe du monde sont-elles établies ?
Les records des gardiens de but de la Coupe du monde sur FIFA.com et les données d’Opta sur les tirs au but en Coupe du monde fournissent les données officielles vérifiées, recoupées avec la documentation historique des matchs pour les tournois antérieurs à l’ère numérique.
Le nombre d’arrêts suffit-il à lui seul à déterminer la grandeur d’un gardien lors d’une séance de tirs au but en Coupe du monde ?
Non — le stade du tournoi, le taux d’arrêts et l’impact tactique sont tous des facteurs importants. Arrêter deux tirs au but lors d’une finale de Coupe du monde a plus de poids que le même exploit en huitièmes de finale.
Quelle nation a produit le plus grand nombre de spécialistes des tirs au but en Coupe du monde ?
Avec deux participations consécutives — Subašić en 2018 et Livaković en 2022 —, la Croatie est le pays qui en a produit le plus régulièrement ces dernières années. L’Argentine figure également deux fois au classement grâce à Goycochea et Martínez.
Un gardien de but a-t-il déjà à la fois arrêté un penalty et marqué lors d’une séance de tirs au but en Coupe du monde ?
Oui : le Portugais Ricardo en 2006 contre l’Angleterre. Il a arrêté trois penalties et en a marqué un lors de la même séance, ce qui fait de lui un cas unique dans l’histoire de la Coupe du monde.
Qu’est-ce qui fait que la performance d’Emiliano Martínez en 2022 se démarque au-delà des simples chiffres ?
Martínez a combiné trois arrêts à une stratégie délibérée de déstabilisation psychologique — retards, provocations, changements de position — qui a déstabilisé les tireurs avant même qu’ils ne frappent le ballon, ajoutant ainsi une dimension tactique rare dans l’histoire des tirs au but en Coupe du monde.