Le poste d’Alonso ne tient qu’à un fil malgré la patience du conseil d’administration
Bien avant le coup d’envoi, les supporters de Bernabéu ont fait part de leurs sentiments. Pep Guardiola, l’ancien architecte du FC Barcelone, a été accueilli par un mur de huées. Pourtant, à la mi-temps, c’est le contingent de voyageurs de Manchester City qui a donné la sérénade à son manager après une victoire 2-1 qui laisse Xabi Alonso au bord du gouffre.
Des rapports avaient suggéré que le poste d’Alonso dépendait du résultat de mercredi. Pourtant, malgré la défaite, BBC Sport croit savoir que le conseil d’administration du Real Madrid n’est pas prêt à agir immédiatement. Une troisième défaite consécutive à Alavés, dimanche, pourrait toutefois lui forcer la main.
Au coup de sifflet final, la sono du stade s’est mise à hurler, peut-être pour masquer toute contestation. Beaucoup avaient déjà quitté le stade. Lorsque le volume a baissé, le chant “On a Guardiola” de l’équipe adverse a rompu le silence, une raillerie qui restera gravée dans l’esprit de tous les Madrilènes.
Une nuit de promesses précoces et d’effondrements tardifs
Le Real a commencé avec des intentions. Rodrygo ouvre le score d’une frappe à ras de terre, sous les vivats du public. Mais l’avance ne dure que 10 minutes. Nico O’Reilly égalisait avant qu’Erling Haaland ne transforme le penalty. Les ultras, drapés de blanc derrière le but, se taisent.
Entre la 65e et la 71e minute, les sifflets pleuvent à trois reprises, un message clair : Donnez-nous plus. Les joueurs réagissent, se créent des occasions, mais le mal est fait. L’équipe d’Alonso a montré des signes d’amélioration, mais cela ne suffira peut-être pas à la sauver.
Les joueurs sous le feu des critiques, pas le manager
La frustration des supporters semble moins dirigée contre Alonso que contre l’équipe. Le sentiment ? Les joueurs ne suivent pas les instructions. Ce sont eux qui doivent écouter, s’adapter.
Alonso, qui a pris ses fonctions avant la Coupe du monde des clubs, a commencé la saison avec 13 victoires en 14 matches. Mais les choses se sont gâtées après la défaite du 4 novembre à Liverpool. Depuis, seulement deux victoires en huit sorties. Les rumeurs d’un conflit culturel persistent : les joueurs résistent à ses méthodes strictes, poussant à un style de pressing qu’il n’apprécie pas.
Alonso défiant, Bellingham soutenant le patron
A la question de savoir si ses joueurs s’étaient battus pour lui, Alonso s’est montré ferme : “La performance a été intense. C’est un match professionnel de Ligue des champions. Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Je n’ai pas à me plaindre”
Jude Bellingham a abondé dans le même sens. S’adressant à TNT Sport, le milieu de terrain anglais a insisté sur le fait que l’équipe était “à 100 %” derrière son manager. “J’ai une très bonne relation avec lui, comme beaucoup d’autres joueurs. Après notre début de saison, nous avons eu de bonnes conversations. Nous pensions avoir franchi un cap. Ces deux derniers matches ? Nous nous sommes laissés aller. Mais personne ne s’en prend aux outils”
La situation dans son ensemble : Un club en mutation
Le Real est deuxième de la Liga, à quatre points du FC Barcelone. En Ligue des champions, il se qualifie pour les huitièmes de finale à la seule différence de buts. Depuis son triomphe en 2022, il a perdu cinq matches de phase de groupe, ce qui est loin de sa domination habituelle.
Juan Castro, de Marca, a dressé un tableau sombre de la situation. “Je suis très pessimiste. Ce n’est pas une défaite ridicule – ils ont été compétitifs – mais une autre défaite à domicile, une autre d’affilée. C’est difficile pour un entraîneur de survivre à cela. Perez n’accepte pas la défaite. Et remplacer Alonso en décembre ? Plus facile à dire qu’à faire”
Pour l’instant, Alonso s’accroche. Mais l’heure tourne.
